Avec la mainmise d'Abbas Kiarostami et, notamment, de la famille Makhmalbaf (Mohsen et sa fille Samira) sur le cinéma iranien de ces dernières années, l'arrivée d'un nouveau nom promet, a priori, une bouffée d'air frais. A priori seulement, car le dénommé Mamad Haghighat reproduit très fidèlement les tics de ses prédécesseurs. Deux Anges raconte l'épopée en ville d'un jeune homme de la campagne qui rêve d'apprendre à jouer du nêy, une flûte en roseau. Or la musique est un péché absolu pour son père qui le destinait à la religion.

Les bonnes intentions ne font pas les bons films et, comme Samira Makhmalbaf dans ses pires moments, Mamad Haghighat dilapide ses thématiques dans la lourdeur d'une mise en scène qui se croit poétique alors qu'elle ne fait que tendre la main, comme on fait la quête. Même un sujet passionnant comme la place de la musique en Iran s'évanouit dans la contemplation benoîte du héros. Chantage aux bons sentiments, Deux Anges ne dure que 79 minutes. Il en paraît le double. Dans un pays où les intégristes fusillaient littéralement les instruments devant leurs propriétaires, Haghighat s'arrête à la surface des choses, préoccupé à faire de belles images.

Deux Anges, de Mamad Haghighat (Iran, France 2003), avec Siavoush Lashgari, Mehran Rajabi.