■ John le Carré

Le romancier britannique John le Carré n’avait pas dit son dernier mot. Décédé en décembre dernier, il avait laissé derrière lui le manuscrit d’un dernier roman intitulé Silverview, qui était prêt à être publié et il avait donné sa bénédiction à ses deux fils. Ainsi, le titre paraîtra aux Editions Publisher Viking, le 14 octobre prochain.

Silverview sera le 26e roman de John le Carré. Connu pour ses romans d’espionnage, sa carrière d’agent du MI6 permettait à l’auteur de rendre palpable cet univers avec un réalisme glaçant. Et Silverview ne déroge pas à la règle; cependant, plutôt que de prendre place dans une grande métropole, le lecteur est transporté dans une petite station balnéaire britannique. On y découvre Julian Lawndsley, ayant fraîchement quitté la grande ville pour devenir libraire dans la campagne anglaise. Ce dernier se retrouve malgré lui au cœur d’un conflit des services secrets lorsque toutes les pistes d’une fuite d’information semblent mener à sa librairie…

A noter que deux fils de l’auteur sont en train de cataloguer les travaux non publiés de John le Carré avec l’aide d’un archiviste. Et si Silverview était le seul manuscrit complet, fort est à parier que d’autres écrits verront le jour dans les années à venir.

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■ Libraires vs Amazon

Le mois de mai marquait, en France, le début d’une procédure accélérée pour le projet de Laure Darcos, sénatrice de l’Essonne, soutenue par Emmanuel Macron. Son but? Rééquilibrer les forces entre libraires physiques et spécialistes de la vente par correspondance comme Fnac ou Amazon. Comment? En s’attaquant aux différences de tarifs en termes de frais de port. Car si les grands de la vente en ligne peuvent appliquer des frais de port quasi nuls, les indépendants sont eux soumis aux tarifs de La Poste.

Le premier article du projet de Laure Darcos propose la mise en place, par les ministres de la Culture et de l’Economie, d’un montant minimum de tarification des frais de livraison. Cette mesure devra être concrétisée avec le soutien de l’Autorité de régulation des communications électroniques, mais également des services de poste et de la distribution de la presse. Les autres articles abordent également le cas du livre d’occasion, la possibilité de recours au Médiateur du livre pour les auteurs ou encore les modalités de résiliation du contrat d’édition en cas de liquidation judiciaire.

Si le Conseil d’Etat ne s’est pas encore positionné sur la possibilité d’un tarif plancher, il demande plus de précisions avant de rendre sa décision. Des précisions d’ordre économique et juridique, mais également un état des lieux de la place de la vente en ligne pour les librairies physiques afin de s’assurer de «la préservation de la diversité culturelle».

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■ John Steinbeck

Au cours de ses recherches dans les archives du Harry Ransom Center de l’Université du Texas à Austin, Gavin Jones a découvert un manuscrit complet et jamais publié de John Steinbeck. Œuvre de jeunesse rejetée par les éditeurs et restée cachée depuis plus de 90 ans, Murder at Full Moon est un roman policier bien loin des écrits réalistes qu’on lui connaît. Le manuscrit de 233 pages est signé par l’auteur sous le pseudonyme de Peter Pym.

Pour Jones, spécialiste de littérature américaine à l’Université Stanford à San Francisco, ce manuscrit est un véritable trésor dont la publication permettrait au grand public de découvrir une toute nouvelle facette de l’auteur des Raisins de la colère. Steinbeck y dépeint une communauté aux prises avec la terreur à la suite d'une série de meurtres sanglants perpétrés à la pleine lune… le tout accompagné d’illustrations réalisées par l’auteur.

Cependant, McIntosh & Otis, agence littéraire chargée de la gestion du patrimoine de Steinbeck, a déjà affirmé qu’ils ne publieront pas le roman conformément à la volonté de l’auteur. «Puisque Steinbeck a écrit Murder at Full Moon sous un pseudonyme et a choisi de ne pas le publier de son vivant, nous respecterons ce que Steinbeck aurait voulu.»

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■ Fondation Bodmer

La Fondation genevoise Martin Bodmer, connue pour sa grande collection de manuscrits, autographes et imprimés, s’est lancée dans un grand projet de restauration et de numérisation. Au cœur de la démarche, cinq manuscrits arabo-persans des XVe et XVIe siècles. Actuellement en très mauvais état, ils rejoindront le registre Mémoire du monde de l’Unesco aux côtés de l’ensemble de la collection léguée par Martin Bodmer.

Ce projet développé avec le soutien d’Helvetia Assurances, d’une durée annoncée de trois ans, permettra de stabiliser les ouvrages, présentant des déchirures, lacunes, tâches et dégradations, afin de pouvoir non seulement les exposer, mais également les numériser. Ils seront ainsi à nouveau accessibles à la recherche et au grand public.

C’est Sandra Vez, restauratrice de la Fondation, qui se chargera de la restauration, profitant du nouvel atelier de l’institution récemment inauguré. La numérisation sera, quant à elle, réalisée par Naomi Wenger dans l’atelier de la photographie de la Fondation grâce à l'une des meilleures machines de numérisation existantes.


Nicolas Gary est directeur du site ActuaLitté.


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