C’est une photo qui date du début des années 1960. On y voit Martin Bodmer, vraisemblablement dans son bureau de Cologny, tenant dans sa main droite un papyrus – en l’occurrence un feuillet du Codex Ménandre, daté du IIIe siècle de notre ère, et portant le texte du poète grec. Le regard qu’il lui adresse n’est pas seulement concentré, il est littéralement aigu – comme l’était l’exigence avec laquelle il a mené le projet de faire de sa collection l’expression de ce qu’il nommait, par un emprunt à Goethe, la «littérature mondiale».