Ethnologues, psychologues, pasteure, historiens... Ils sont une vingtaine à éclairer ces questions de la catastrophe. De texte en texte, on peut notamment approfondir un aspect quelque peu en retrait dans l'exposition: la différence entre catastrophe naturelle et artificielle, c'est-à-dire où la responsabilité de l'homme est engagée.

On peut aussi y voir le portfolio de Luc Debraine, dont quelques clichés sont exposés au musée. Ce journaliste au Temps photographie les montres arrêtées, que ce soit par le souffle d'Hiroshima ou par la montée des eaux à La Nouvelle-Orléans. Emouvant et énigmatique, comme une double suspension du temps.

Christian Gros, assistant conservateur au MEG, y ose par ailleurs une mise en abyme. Et si cette exposition avait valeur de thérapie pour une institution traumatisée en 2001 par le refus de la population genevoise de construire un nouveau musée d'ethnographie place Sturm (tempête en allemand!)? L'ethnologue et économiste Didier Delaleu s'interroge lui sur la catastrophe muséifiée et sur son envers, la fin (catastrophique?) des musées. A lire à l'aulne de l'actualité pleine d'ironie, avec la fermeture d'urgence du Muséum d'histoire naturelle (lire ci-dessous).

Scénario catastrophe, sous la dir. de Christian Delécraz et Laurie Durussel, in-folio et MEG, 345 pages.