Un livre d'or pour une voix d'airain

Qu'y avait-il de plus à dire sur celui qui a été baptisé «The Voice»?

Qu'y avait-il de plus à dire sur celui qui a été baptisé «The Voice»? Plus grand-chose, à moins d'exhumer les archives familiales de Frank Sinatra et de faire abondamment parler le cercle de ses amis du Tout Hollywood et de ses proches. C'est ce qu'a entrepris Charles Pignone, archiviste du clan du plus célèbre des «Rat Pack» depuis 1984 et producteur de plusieurs albums de celui-ci, dans Les Trésors de Sinatra. Un bel ouvrage commémoratif, sans doute le plus laudatif jamais paru, dont la particularité est d'offrir une trentaine d'étonnants fac-similés détachables regroupant quelques-uns des «trésors» en question. Reproductions de programmes et billets de concert à travers le monde, télégrammes d'amis-stars (Dean Martin, Sammy Davis Jr.) et des plus hautes instances politiques américaines (John Fitzgerald Kennedy, son ami Ronald Reagan), de cartes de visite, de partitions, de correspondances diverses, d'affiches de films et de pochettes de disques originaux (Ocean's 11; Sinatra/Jobim), d'une photo d'époque à dédicacer pour fans et portraits rares affluent ici... tout en continuant de fasciner. Cet ouvrage de statufication par excellence est encore accompagné d'un disque d'une heure avec une poignée de raretés maison du crooner et d'extraits radiophoniques.

Très vite adulé par les adolescentes américaines qui tombaient littéralement à la renverse au seul son de sa voix, Sinatra a rapidement suscité la création de fans-clubs. Dans toute l'Amérique, et plus particulièrement dans son New Jersey natal, des associations se forment. A l'image de la Sighing Society of Sinatra Swooners («Soupirante société des pâmées de Sinatra»), dont le bulletin de septembre 1943 est disponible dans Les Trésors de Sinatra. Ses apparitions scéniques y sont décortiquées, les lettres d'amour enflammées, toutes les dates de concerts répertoriées. Sinatra doit à ces ferventes admiratrices le succès de son début de carrière. Bien avant de croiser la route de Quincy Jones, de Billy Wilder, du pianiste Bill Miller ou de fricoter avec la Mafia pour devenir autant un phénomène de société qu'un prodige intemporel de l'histoire de la chanson jazz vocale.

Charles Pignone. Les Trésors de Sinatra. trad. Philippe Paringaux. Seuil

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