Joseph a perdu Célestine, sa compagne. Il quitte son travail et son appartement et part construire une cabane sur un lopin de terre agricole. L’hiver pointe son nez, puis s’installe; Joseph tente de s’organiser pour survivre et vit en ermite au milieu des livres que lisaient Célestine. Lui, peu familier des romans, découvre le plaisir de les dévorer et d’y suivre les traces de celle qu’il a aimée (annotations, pages écornées, papier gondolé). Si l’abri qu’il cherche à construire avec des troncs d’arbres se révèle très précaire, et déplaît rapidement au voisinage, les livres au contraire l’accueillent et constituent un véritable «toit», un refuge où s’abriter et vivre les émotions du deuil, restées enfouies dans son ventre.

Joseph habite momentanément les classiques qu’il choisit au hasard dans la bibliothèque de Célestine: Les Pauvres Gens, L’Etrange Cas du Dr Jekyll et de M. Hyde, La Dame aux camélias… «Un livre est comme une maison. En y entrant, vous serez peut-être surpris d’y croiser d’autres lecteurs. Apprenez à les connaître et à converser avec eux», écrit Bernard Utz en inventant la voix d’un mystérieux professeur en lecture, Archibald Stenning. Il y a là une très belle idée, et l’on verrait bien Un Toit être adapté au cinéma.