opéra

Un Lohengrin comme tombé du ciel

Janowski poursuit son intégrale wagnérienne et peut cette fois compter sur une belle équipe

Genre: opéra
Qui ? Richard Wagner
Titre: Lohengrin
Chez qui ? (3 CD Pentatone/h. m.-Musicora)

Tout de suite après le DVD de Bayreuth, où l’œil était captivé par les solutions inattendues de Hans Neuenfels (lire le Samedi Culturel du 25.08.2012), voici que paraît le nouvel album de la série Wagner de Marek Janowski. Il affiche lui aussi le couple Klaus Florian Vogt et Annette Dasch, dont la beauté et le jeu s’imposent sur scène avec tant d’évidence. A les entendre sans les voir, l’impression se confirme que le premier, avec sa voix claire et légère, comme tombée du ciel (rien de la couleur sombre du Heldentenor), avec son legato posé sur une diction parfaite, incarne un Lohengrin qui ne ressemble à nul autre: auréolé de mystère, amoureux tendre, sublime dans le murmure et pourtant virilement héroïque. La seconde, à force de vouloir donner du caractère à Elsa, est souvent prise en défaut de ligne et de pureté candide. Curieusement, dans le génial duo de l’acte II, son timbre en vient à ne pas toujours contraster avec celui de Susanne Resmark, Ortrud solide mais aux mots sans vrai mordant. Un Telramund de belle allure (Gerd Grochowski), un roi imposant (Günther Groissböck) et un héraut sonore (Markus Brück) font un beau trio de voix graves. Comme à chaque volume, le chef peut compter sur un orchestre somptueux et un chœur superlatif (Radio de Berlin): comparé à Andris Nelsons, si souple et nuancé, il paraîtra parfois raide, plus enclin à souligner le drame que l’extase. Toujours pressé d’avancer, il ne s’abandonne que peu au lyrisme, mais sait construire une progression et dessiner le grand arc des ensembles.

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