Al'exception de l'utilisation des images de synthèse par le studio Pixar (Les Indestructibles), pourquoi faut-il que la virtuosité technique s'illustre à travers des histoires rabâchées, voire ennuyeuses. C'est un peu le cas de ce Fil de la vie, production ovni (danoise), qui raconte le combat ancestral entre des Hébaliens et des Zériths, avec mort d'un empereur, vengeance de son fils et amour à la Roméo et Juliette.

Mais le cinéaste pourrait raconter une recette de cuisine ou l'annuaire téléphonique, tant sa technique surprend et fascine. Anders Ronnow-Klarlund signe un film de marionnettes. A cette différence près que les fils qui animent les personnages sont visibles et qu'ils tiennent un rôle central. Ces fils se perdent en effet dans le ciel, comme le montrent d'impressionnantes images du dessus des nuages. Actionnés par une main céleste qui meut une forêt infinie de filins, chaque être doit préserver ses fils. Dans des décors de forteresses sans toit ni plafond (forcément), le réalisateur parvient à créer des ambiances qui impressionnent, même si elles doivent beaucoup à l'esthétique de Ridley Scott ou des pubs des années 80 (éclairages vifs sur surfaces humides).

Le Fil de la vie (Strings), film d'animation d'Anders Ronnow-Klarlund (Danemark 2004).