Alors que le Conseil fédéral poursuit sa politique du «aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire», l’industrie de la musique live a déjà les yeux rivés sur la saison estivale, celle où l’offre habituellement se démultiplie. Trois jours après que Festi’neuch a communiqué l’annulation de son édition 2021, prévue en juin, Paléo a de son côté annoncé sa réinvention, «avec un nouvel événement musical inédit, covid-compatible, dont la capacité et la taille seront réduites et la durée allongée», précisent les organisateurs. «Si les conditions sanitaires le permettent, il aura lieu du 8 juillet au 8 août.»

Restée silencieuse l’an dernier, la 45e édition du festival nyonnais devrait donc enfin avoir lieu, mais sous un autre concept et une autre appellation: place au «45e Parallèle»!

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Une grande déception

Face à la morosité ambiante, cette volonté de proposer de manière volontariste une offre culturelle est pour les fidèles de Paléo un soulagement. Mais pour Jacques Monnier, cofondateur de la manifestation et chef de sa programmation, il reste néanmoins une grande déception: «Depuis avril dernier, on a remonté une programmation en reprenant une partie de la grille 2020, mais avec beaucoup de changements et de nouvelles soirées à reconstruire. On y a mis beaucoup d’énergie, et c’est dès lors frustrant de ne pas pouvoir la dévoiler au public. Mais c’est clair que depuis septembre, on travaillait aussi sur des alternatives. Car notre but était avant tout de maintenir la flamme, que ce soit au sein de l’association et parmi nos bénévoles, mais aussi vis-à-vis du public. Il est nécessaire de faire exister un peu de culture et de donner du travail non seulement aux artistes, mais aussi aux techniciens. Il y va de notre responsabilité de ne pas baisser les bras.»

Paléo 2019, la soirée de clôture en images:

Quant à la forme exacte que prendra ce 45e Parallèle, elle sera dévoilée ultérieurement. Mais il s’agira d’une ouverture vers d’autres styles musicaux et des prestations artistiques différentes, plus intimistes, glisse Jacques Monnier. Vu que les spectateurs et spectatrices devront probablement être assis, il semble en effet difficile d’imaginer des concerts d’électro dansante, de rock énervé ou de hip-hop explosif.

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Les Nord-Américains ne tournent pas

S’il est déjà connu que les musiciens nord-américains ne tourneront pas cet été, et que les Anglais sont dans l’incertitude face aux nouvelles normes imposées par le Brexit, le programmateur mise néanmoins, en marge des découvertes et de la mise en lumière de la scène suisse, sur des noms ayant le potentiel d’attirer du monde, encore plus si ce Paléo revu et corrigé peut, comme espéré, accueillir 5000 personnes par soir. «Mais tout dépend aussi du nombre d’événements comme le nôtre qui pourront avoir lieu cet été, car un artiste a besoin de plusieurs dates pour pouvoir financer sa tournée.»

Quant au but ultime de l’équipe de Paléo, il reste simple: tout entreprendre afin de ne pas mettre le festival financièrement en péril, surmonter cette crise et assurer son avenir sur le long terme. «Un vrai casse-tête et des nuits perturbées», résume Jacques Monnier.