Véritable phénomène outre-Atlantique, Caraval est le tout premier roman de Stéphanie Garber, une jeune auteure américaine qui enseigne l’écriture créative dans une université californienne. Annonçant dès la couverture un univers magique et coloré, le roman nous plonge dans un récit de fantasy original et empli de mystères.

Père tyrannique

Scarlett et sa sœur Tella vivent dans la peur. Leur père est un tyran qui prend un malin plaisir à punir l’une quand l’autre désobéit. Les deux jeunes femmes subissent coups et humiliations mais entretiennent un rêve: découvrir Caraval, un spectacle itinérant où la magie occupe une large part.

Lorsque Légende, le maître de Caraval, les invite personnellement à participer, l’impétueuse Tella ne veut pas attendre une seconde. Mais Scarlett s’y oppose, son mariage est proche, et même si elle n’a jamais vu son fiancé, elle nourrit l’espoir qu’il pourra leur offrir une chance d’échapper à leur monstre de père. C’est par la force qu’elle atterrira sur l’île des Songes où se déroule Caraval cette année, et quand Tella disparaît, ce n’est que le début du jeu et des ennuis pour Scarlett.

Un monde aux allures de fête foraine

Mené avec un talent rare, Caraval plonge le lecteur dans un monde aux allures de fête foraine où les apparences sont trompeuses. Stéphanie Garber sait manier les textures, les odeurs et les sons de façon à immerger le lecteur dans son univers. Retournements de situation et rythme soutenu font de ce roman un «page turner» efficace. Au coeur du roman se tient le personnage de Scarlett, jeune femme forte, déterminée et intelligente. Aux côtés de Julian, un étrange garçon qui tente de la protéger des maléfices de Caraval, l’héroïne évolue et remet en question ses certitudes. Une seule chose subsiste pourtant: sauver sa sœur d’un jeu qui se révèle mortel.

Caraval est un roman enchanteur qui mêle habilement la force du thriller à l’émerveillement d’un monde de fantasy. Empli de finesse, le récit fait réfléchir à la famille, celle du sang et celle qu’on se choisit.


Stéphanie Garber, «Caraval», Editions Bayard, 478 pages