Durant la période de confinement, la fréquentation du site a été multipliée par 50 pour atteindre 100 000 visiteurs par jour. Fondé fin 2017 par six jeunes Français, l’Universal Museum of Art (UMA) met gratuitement à disposition des expositions en ligne. Dont un voyage au cœur de la Renaissance italienne, de Rome à Padoue en passant par Mantoue, Sienne et Venise, à travers les œuvres de Giotto, de Mantegna et de Michel-Ange notamment, ou une présentation des grands mythes fondateurs de l’humanité, des Métamorphoses d’Ovide à l’Apocalypse de saint Jean.

On peut également y admirer tout l’œuvre peint de Léonard de Vinci, découvrir une histoire de Notre-Dame de Paris dans la peinture du XVe au XXe siècle – à travers les enluminures de Jean Fouquet et des tableaux de Matisse, de Picasso, de Chagall, de Delaunay et de Buffet – ou effectuer une balade dans le monde du street art ponctuée d’œuvres de Banksy, de JR ou encore de Jef Aérosol. L’idéal des créateurs de ce musée en réalité virtuelle? Démocratiser la culture grâce au numérique, faciliter l’accès à l’art et familiariser le public avec les musées.

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Expérience éditoriale

L’UMA met en ligne des expositions commandées par des institutions. Et d’autres qu’elle prend l’initiative de financer et de réaliser, comme cette exposition consacrée aux œuvres spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui montre quelques-unes de ces 600 000 œuvres qui ont été volées à des musées, dans des églises ou auprès de collectionneurs et de marchands juifs.

Comment les fondateurs de l’UMA sont-ils parvenus à séduire les musées qui disposent tous déjà d’un site internet? «Les sites des musées ne sont pas tous très bien faits, insiste Jean Vergès, responsable de la société. Nous leur proposons, en outre, une expérience éditoriale différente. Nous sélectionnons certaines œuvres, qui sont photographiées dans un environnement soigné avant d’être présentées dans le parcours d’une exposition classique en prenant appui sur des dispositifs informatifs et pédagogiques, ce que les musées n’offrent pas.»

L’UMA permettrait en outre une plus grande visibilité des œuvres des musées grâce à leur mise en ligne sur le site. Les fondateurs du musée virtuel s’engagent à ce que chaque exposition soit vue par un nombre minimum de 100 000 visiteurs la première année. Et il ne serait pas rare que le trafic atteigne de 400 000 à 500 000 visiteurs pour certaines expositions, estime Jean Vergès.

Mettre en lumière les réserves

L’Universal Museum of Art propose aussi aux institutions de faire découvrir au public une grande partie des œuvres qu’elles ne peuvent pas exposer, faute de place, et qui restent ainsi enfermées dans leurs réserves. Le Centre Pompidou ne montre-t-il pas que 10% de ses collections, et le Musée du Louvre moins de 8%? «Il y a une vraie logique à présenter les œuvres des réserves. Le digital est sans doute la meilleure solution pour y parvenir», explique le responsable de la société.

En ce qui concerne le modèle économique de ce musée virtuel, ce sont les commanditaires qui prennent en charge le financement. L’UMA met également des équipements spécifiques, comme des écrans ou équipements de réalité virtuelle, à la disposition de lieux captifs, comme les aéroports, les hôpitaux, les établissements scolaires et les prisons, qui souhaiteraient proposer une offre culturelle à destination de leur public et de leurs visiteurs.

Mais la crise du Covid-19 a tout bousculé. Les perspectives de développement de cette jeune start-up, en pleine levée de fonds à une période où la bourse dévissait, ont dû être réévaluées. «La plupart des contrats avec de grands partenaires privés en cours de signature ou de production se sont retrouvés annulés, constate Jean Vergès. En revanche, nous n’avons jamais reçu autant de demandes de la part d’institutions culturelles qui voulaient toutes mettre leurs expositions en ligne.»