«Le coût financier de ce musée n’a pas été douloureux», reconnaît Or­han Pamuk, qui estime avoir dépensé davantage que le million d’euros reçu en 2006 lors de l’obtention du Prix Nobel de littérature. «Ce qui a été douloureux, ajoute-t-il, c’est le temps que cela m’a pris. Mais aujourd’hui je suis très content du résultat. Je pense avoir fait ce qu’il fallait. Ce musée m’a coûté peut-être la moitié du temps nécessaire à écrire un roman mais je suis heureux de l’avoir fait. On me demande souvent pourquoi j’ai entrepris un tel projet. Parce que cela m’a rendu heureux. En fin de compte, c’est cela le sens de l’art et de la littérature. Je suis une personne plus heureuse lorsque je suis occupé avec l’art ou la peinture. Mais je me sens plus intelligent, plus impliqué dans le monde, plus profondément engagé lorsque j’écris. Ecrire un roman est un travail qui me rend moins heureux que peindre ou créer un musée.»