Les chevaux sont-ils friands de navets? En tout cas, en voici un fameux, le plus beau de tout le festival. Jeune femme au caractère difficile, Gracieuse (Marina Hands) préfère les canassons aux gens. Elle trouve un boulot d’ouvrière dans un haras où elle rencontre Franz Mann (Bruno Ganz), légendaire dresseur de chevaux.

En rendant du tonus à un trotteur fatigué, elle révèle un talent inné qui touche le vieil homme bourru. Mais des enjeux financiers les dépassent. Le cheval est le meilleur ami du cow-boy et de l’Indien, l’âme hennissante du western. Mais Sport de filles (de Patricia Mazuy, jadis pardisée à Locarno pour Travolta et moi) le montre bafoué, sa crinière tressée, exécutant des pas contre nature sur des musiques ridicules.

L’humiliation du noble quadrupède n’est toutefois rien par rapport au désastre d’un film incohérent et grotesque où s’agitent des comédiens à leur plus bas niveau (même Bruno Ganz ne trouve pas la note juste), courant après un scénario débile. Particulièrement médiocre, la musique participe du naufrage. C’est John Cale, du Velvet Underground, qui l’a pourtant composée. Comment un tel désastre est-il possible? (Piazza Grande)