NOMINATION

Un passionné d'Afrique à la tête du Musée d'ethnographie de Genève

Le Belge Boris Wastiau, actuel conservateur dans l'institution, succédera à Jacques Hainard en février 2009.

Ce n'est pas précisément la copie de Jacques Hainard. Boris Wastiau, futur directeur du Musée d'ethnographie de Genève (MEG), est aussi élancé et discret que l'actuel directeur est confortable et bon vivant. Mais, derrière ses airs de premier de classe, l'anthropologue belge âgé de 38 ans, conservateur des départements Afrique et Amérique du MEG, partage avec son aîné le même talent pour cette discipline. «Boris Wastiau a été choisi à l'unanimité par le jury pour ses compétences scientifiques et son expérience du terrain», a annoncé hier Patrice Mugny, ministre genevois de la culture. «Et non parce qu'il était déjà dans la maison», a ajouté le magistrat, prévenant les mauvais esprits qui verraient dans cette nomination une facilité.

Procédure pro-active

Ce qui serait injuste vu l'effort déployé par Boris Drahusak, codirecteur du département de la culture, pour trouver l'oiseau rare. «Nous avons suivi une procédure pro-active où nous avons d'abord défini le profil idéal, puis sollicité 72 personnes représentatives du monde de l'ethnographie, dont 25 ont été auditionnées.» Spontanée, la candidature de Boris Wastiau n'appartenait pas à ces dossiers envoyés en Europe et au Canada, «mais s'il l'a emporté», précise le codirecteur, «c'est parce que, au-delà de ses brillantes connaissances scientifiques, Boris Wastiau a mené beaucoup de recherches en Afrique et prouvé qu'il pouvait gérer une équipe et des projets importants.»

Deux aspects en effet déterminants. Concernant l'équipe, on se souvient que ce sont des problèmes d'entente avec le personnel - 35 collaborateurs - qui ont coûté son poste à Ninian van Blyenburgh, directeur nommé en mai 2003. Dans les murs depuis septembre 2007, Boris Wastiau relève, lui, «les qualités humaines et professionnelles» de cette équipe. Pour ce qui est du projet d'envergure, le futur directeur devra mener à bien l'agrandissement du musée dont l'ouverture est prévue en 2012. Imaginé par le bureau bernois Graber Pulver, le projet de 2500 m2 est enterré sous l'actuel édifice et le parc attenant, boulevard Carl-Vogt, et budgété à 60 millions.

«Le maître mot est rapidité»

«Le maître mot pour la réussite de ce futur musée est rapidité», a observé hier Jacques Hainard qui, sur mandat extérieur, va continuer à s'activer auprès des politiciens et des particuliers pour que soient tenus les délais.

Quant à Boris Wastiau, nommé pour une durée indéterminée, il profitera de sa large reconnaissance internationale pour inscrire le MEG dans de nouveaux réseaux. Un musée qui, sous l'influence de cet africaniste, va changer d'orientation? «Non, nous conservons une mission généraliste et pédagogique. Avec, toujours, le souci de contextualiser les pièces qui seront exposées par thématiques plutôt que par continents.»

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