Artiste domicilié en France voisine, André du Besset présente à Genève une série de peintures datées de l'année 2000. Ces toiles peintes à la couleur acrylique ont en commun leur horizon haut, leur aspect vaguement figuratif renvoyant à un paysage de collines, parfois traversé de failles. Et surtout, leurs teintes magnifiques, qui emportent le regard et le retiennent prisonnier. Ce sont des rouges nuancés, juxtaposés à des roses chauds, des verts indéfinissables, qui tiennent de la mousse et du verre de bouteille, des bleus intenses, que relève, littéralement, un ciel d'or.

Une contemplation proche des exercices de la mystique

Le format, presque carré, la superposition de couches qui finissent par former une croûte plus ou moins épaisse, et qui dotent cette peinture d'une profondeur de fonds marins, tout ceci induit un mouvement ascendant, qui correspond, on le pressent, à un état d'esprit que l'on pourrait qualifier de mystique. Car la contemplation du monde réel, qui entraîne une certaine rêverie, est proche des exercices de la mystique. L'écart cultivé par le peintre, entre des tons nuancés, un peu plus clairs, un peu plus foncés, entre des tonalités parentes, entre des formats à peine modifiés d'une toile à l'autre, est destiné à entretenir la vigilance du spectateur, auquel il n'est pas laissé le loisir de rêvasser, mais auquel est demandée une rêverie active.

On aura compris que la peinture d'André du Besset est extrêmement subtile, d'une discrétion de moyens qui n'épargne toutefois pas les effets de contraste, dans un va-et-vient entre les combinaisons harmonieuses et les décalages parfois surprenants. Les contrastes chromatiques sont ténus, mais bien réels, ils induisent un dynamisme réjouissant.

André du Besset. Œuvres récentes.

Galerie Patrick Cramer (Chantepoulet 13, Genève, tél. 022/732 54 32).

Lu 14-18h30, ma-ve 9h-13h et 14h-18h30, sa 10h-13h. Jusqu'au 6 mars.