Spectacle

Un bon petit diable helvétique à Avignon

L’acteur genevois Alexandre Bordier invite à un tour de Suisse burlesque dans la jungle du off

La cloche sonne et la Suisse vous appelle. Il est 22h30, le ciel d’Avignon est encore moite, les tentations pullulent dans la grande foire du off, près de 1200 spectacles, mais à vrai dire on ne compte plus. L’acteur genevois Alexandre Bordier vous attend dans une salle exiguë comme un goulot de Petite Arvine, à l’Espace Alya, rue Guillaume Puy. Il y chatouille des démons helvétiques sous le titre de Man On The Spoon. Le spectacle est charmeur à l’image de son interprète, généreux aussi, même si certaines ficelles paraissent usées.

Alexandre Bordier, c’est d’abord un dos assis sur une valise. Dans sa main droite, une marionnette rouge fait de gros yeux de hibou. C’est le diable, une vraie teigne. L’artiste lui demande un coup de pouce. La créature veut bien, mais à condition qu’il fasse ses preuves. Alexandre Bordier puise alors dans la malle aux fétiches, là où s’empilent caquelons, masques valaisans et clarines. Et il offre au public français une initiation burlesque aux vices et coutumes du pays. Dirigé par son épouse, l’actrice Sigrid Bordier, il joue les bateleurs trébuchant – et avec quel plaisir – sur les mots. «Je pense, donc je suisse.»

Sur son banc, on sourit. Ce professeur timbré est un farceur aimable. Parfois, c’est la limite du spectacle, il donne l’impression de se reposer sur son métier. Le texte pourrait être plus piquant, la mécanique moins prévisible. Mais voici qu’il distribue à l’assistance cuillères et maracas. C’est tintamarre pour tous. Alexandre Bordier frappe en homme-carnaval.


Man On The Spoon, Festival d’Avignon off, Espace Alya, en alternance avec «Container» de Sigrid Bordier, jusqu’au 30 juillet; rens. 0033/490 27 38 23.

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