Exposition

Un plan pour ramener le Musée d’art et d’histoire de Genève à la vie

Un rapport donne les grandes lignes de la renaissance programmée de l’institution artistique genevoise: une meilleure exploitation des collections et plus d’espace pour les événements internationaux. Réouverture programmée en 2028

A quoi ressemblera le Musée d’art et d’histoire (MAH) genevois rénové en 2028, date de son inauguration programmée? S’il est trop tôt pour répondre avec exactitude, le rapport présenté mardi à la presse donne les grandes lignes de la renaissance de cette institution dont la vie semble avoir été mise au congélateur depuis le non cinglant exprimé en 2016 par les Genevois. Les électeurs, pour rappel, ont refusé l’agrandissement du MAH tel qu’imaginé par l’architecte Jean Nouvel.

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Extension envisagée

«Un campus muséal au cœur de la cité»: la commission externe nommée par Sami Kanaan, conseiller administratif de la ville de Genève chargé de la culture, a donné un nom à son rapport final. Il dit bien ce que l’on savait depuis un an: le développement du MAH doit se faire sur son site de Charles-Galland, après l’échec du projet Nouvel. La commission, coprésidée par Roger Mayou, directeur du Musée international de la Croix-Rouge, et Jacques Hainard, ancien directeur du Musée d’ethnographie de Genève, a développé un programme muséal sur cet axe fort.

«Les membres non genevois de la commission ont tous souligné la chance que représente le fait de disposer d’un site en plein centre, a dit Roger Mayou. Depuis, le déménagement programmé de la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) a renforcé cette option.» En plus de l’occupation des locaux actuellement dédiés à la HEAD, une extension sous la butte de l’Observatoire est envisagée.

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Faire tourner les collections

Le MAH dispose aujourd’hui de 8000 m2. Une fois rénové, il en aura gagné 2000. Un concours d’architecte sera lancé d’ici début 2020, pour un résultat en 2021 et un début du chantier prévu en 2025. Que faire dans ces espaces? «Un usage novateur des collections pour toucher le plus de publics possible, répond Roger Mayou. Le MAH doit redevenir un acteur culturel majeur.»

Un «parcours historique» racontera sur 2000 m2 comment une simple localité est devenue une cité internationale. Des salles thématiques (2000 m2 pour trois thèmes: lac et montagnes, minuscule et luxe et austérité) renouvelées tous les un à trois ans serviront à faire tourner les collections. Une «salle des collections» permettra d’exposer les pièces emblématiques du MAH sur 4000 m2. Le tournus, ici, sera plus lent (quatre à cinq ans).

Pour les expositions temporaires, 2000 m2 sont prévus, soit de quoi accueillir notamment les événements internationaux, ce que le MAH ne peut faire actuellement, faute de place, a dit son actuel directeur, Jean-Yves Marin. Une «Maison des savoirs», enfin, doit accueillir un centre scientifique, la bibliothèque d’art et d’archéologie et des activités de médiation culturelle sur 3600 m2. «Un musée est un lieu de délassement, de plaisir et de connaissance. Il faut ramener cet aspect au cœur du campus», a affirmé Roger Mayou.

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Eviter une succession houleuse

Avec la présentation de ce rapport, «nous sommes au terme d’une étape importante et à l’aube d’un long processus», a dit Sami Kanaan. Une nouvelle direction entrera en fonction en octobre 2019. «Je ne veux pas répéter ce qui s’est passé au MAH et au Grand Théâtre», a dit l’élu socialiste, faisant référence aux pénibles successions de Cäsar Menz, qui avait démissionné en 2009 de la direction du MAH à la suite d’un audit sévère, et de Jean-Marie Blanchard, à la tête de la maison lyrique.

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