La fin de siècle semble propice aux mythes. Pendant que Gérard Mortier ordonne sa programmation salzbourgeoise autour de Faust et Don Juan, Michael Haefliger a choisi le mythe comme thème unificateur du Festival de Lucerne 1999. Et ce n'est pas un prétexte en toc: un symposium autour du mythe aura lieu les 20 et 21 août prochains en marge des concerts.

Il n'y aura d'ailleurs pas que des concerts dans cette manifestation de plus en plus inattendue. Parmi les axes installés par Haefliger, il faut relever l'entrée en scène du théâtre musical: un spectacle de Franz-Xaver Nager sera donné en création et la Perséphone de Bob Wilson passera aussi par là. Quant à la Penthésilée du Suisse Othmar Schœck, elle sera donnée dans une mise en espace de Reto Nickler et constitue le premier événement marquant du festival, ce dimanche.

En sus, la série Weltruf accorde un peu d'espace aux musiques du monde tandis que Children's corner s'adresse aux enfants. Mais c'est surtout dans la programmation d'œuvres contemporaines que la patte de Michael Haefliger se fait le plus ressentir. Plusieurs concerts inscrivent ainsi à leur programme des œuvres de Giya Kancheli et Frangis Ali-Sadé, qui sont les deux compositeurs en résidence de cette édition 99.

Ces nouveautés s'équilibrent avec les traditionnels concerts symphoniques. On ne sait par qui commencer: Haitink, Gergiev, Mehta, Chailly, Masur, Gardiner, Brüggen, Järvi, Jansons et Abbado passeront tous par Lucerne pour diriger les orchestres de Berlin, Rotterdam, Israël, Pittsburgh ou Amsterdam. Le tout se terminera par une rencontre au sommet: Simon Rattle dirigera les lions du Philharmonique de Vienne pour deux concerts. On en miaule déjà de plaisir.

A. Px.

Festival international de Musique de Lucerne, du 14 août au 11 septembre, rens. et loc. au 0041/ 226 44 00 ou au 022/ 736 42 11. Voir aussi la une du supplément Tempo.