«Le béton est le marbre de notre siècle», aime à dire l’architecte Tadao Ando. Toujours attentif à en obtenir d’un aspect particulièrement soyeux. Il est vrai que le matériau s’est affiné et qu’on n’a plus les mauvaises qualités dont devait se contenter Le Corbusier. Tadao Ando s’inspire cependant largement des œuvres de celui-ci.

Né en 1941 à Osaka, Tadao Ando est un autodidacte de l’architecture qui se forme, vers ses 25 ans, en voyageant en Europe et décidé à rencontrer Le Corbusier. Mais quand il arrive à Paris en 1965, celui-ci vient de mourir. Ses autres grandes admirations vont à Carlo Scarpa (1906-1978) et Andrea Palladio (1508-1580), autres adeptes des proportions harmonieuses.

De retour au Japon, il ouvre en 1969 sa propre agence et commence par construire de simples maisons. Remarquées, elles vont élargir le cercle de ses commandes. Et engendrer notamment des réalisations d’églises et de musées inhabituelles, Eglise sur l’eau (1988, à Hokkaido), Eglise de la lumière (1989, à Osaka), pavillon japonais de l’Exposition universelle de Séville (1992), Chichu Art Museum (2004, à Naoshima).

Son architecture allie le goût de la simplification des assemblages, propre à la tradition japonaise, son éloquence de la matière sous la lumière, à la franchise des formes de la tradition moderne occidentale. Tadao Ando, pour ces qualités, s’est vu attribuer les distinctions les plus honorifiques, le Pritzker Prize – sorte de Nobel de l’architecture – en 1995, le Praemium Imperiale – autre équivalence du genre remise par la Japan Art Association – en 1996, et a reçu en 2005 la médaille d’or de l’Union internationale des architectes.

Pour le collectionneur François Pinault, président du Palazzo Grassi et de la Dogana, «Tadao Ando est l’un des rares architectes qui s’effacent devant un contexte, une nature ou un édifice existant pour créer ou ressusciter des chefs-d’œuvre.» François Pinault l’avait chargé d’édifier son musée sur l’île Seguin, à Paris. Puis, le projet retiré, l’a associé à ses projets vénitiens, la rénovation du Palazzo Grassi et la réhabilitation de Punta della Dogana. Celle-ci n’a duré que deux ans et n’a coûté que 20 millions d’euros.