Il n'a pas seulement écrit Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, Joseph Balsamo et autres chefs-d'œuvre. Alexandre Dumas, créateur au souffle puissant, avait la plume feuilletonesque. Il a rempli des pages et des pages à l'envi, dont certaines dévoilées après sa mort, telle la pièce de théâtre Les Voleurs d'or, retrouvée dans les archives de la Bibliothèque nationale de France par Réginald Hamel, professeur québécois à la retraite.

Et voilà que Le Figaro dévoile cette semaine que les éditions Phébus publieront le «nouveau roman» de l'auteur en juin prochain. Un roman en fait inachevé, publié en feuilleton dans le journal Le Moniteur universel en 1869, et exhumé par Claude Schopp, spécialiste de l'auteur – il lui a notamment consacré un Alexandre Dumas, le génie de la vie aux Éditions Fayard.

Un feuilleton quasi complet

Comment le spécialiste a-t-il mis la main sur ce Dumas oublié? «Le premier indice, explique Claude Schopp au Figaro, remonte à 1988. Je cherchais à vérifier un détail pour un sujet sur l'auteur des Trois Mousquetaires. De fil en aiguille, après de nombreux mois de recherches, je consulte Le Moniteur universel. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, de bobines en bobines d'archives, je suis tombé sur un feuilleton quasi complet titré Le Chevalier de Saint-Hermine et signé Alexandre Dumas.» Ledit feuilleton n'est jamais paru sous forme de roman. Claude Schopp s'est attelé à la tâche. Résultat: une somme de plus de 900 pages qui s'avère être le dernier roman (connu à ce jour) de l'écrivain, mort en 1870.

Travail titanesque

La version définitive aurait-elle comporté plus ou moins de pages? Dumas l'aurait-il revue, corrigée, servie autrement? La postérité est-elle autorisée à fouiller dans les coffres des morts? La question est complexe. «C'est un grand Dumas, plaide à cet égard Claude Schopp, dans la veine du Comte de Monte-Cristo.» Si le roman est inachevé, il semble que ce soit pour… cause de décès de l'auteur. Il ne manquerait que quelques lignes au dernier chapitre, que Claude Schopp s'est autorisé à ajouter en italiques. Jean-Pierre Sicre, patron des éditions Phébus, précise (dans Le Figaro toujours): «Claude Schopp a effectué un travail titanesque pour rendre le roman cohérent. Il a fallu corriger les nombreuses fautes liées à une publication rapide dans la presse. En fait, [il] a réalisé le travail de réécriture» que n'auraient pas manqué de faire Dumas et son équipe. Verdict en juin.