Culture

Un royaume pour le cheval de Troie

Littérature, arts plastiques, musique, cinéma et jusqu'à la publicité: les grandes figures de l'Antiquité sont toujours là. Un ouvrage sur la guerre de Troie le rappelle heureusement.

Collectif. Le Cheval de Troie. Variations autour d'une guerre. Sous la direction de Danielle van Mal-Maeder. Infolio/Regards sur l'Antiquité, 190 p.

En 2005, les Transports publics zurichois font paraître une publicité dans le quotidien gratuit 20 Minuten. On y voit une troupe armée en train de pénétrer dans le cheval de Troie: «Il a toujours été plus malin d'emprunter de grands véhicules pour se rendre au travail. A Troie, les anciens Grecs le savaient déjà. [...]» L'Antiquité est toujours là, dans le langage, dans notre environnement, et pas seulement dans les manifestations de la culture savante. C'est le message qu'ont voulu faire passer les professeurs de l'Institut d'archéologie et des sciences de l'Antiquité de l'Université de Lausanne en organisant en 2006 un cours public sur le thème du célèbre leurre. Il paraît aujourd'hui en livre, inaugurant une collection.

L'histoire légendaire y est abordée selon les différentes disciplines: professeur d'archéologie, Karl Reber fait l'état des connaissances depuis la découverte des ruines de Troie par Schliemann en 1870 jusqu'à nos jours; David Bouvier, spécialiste de l'Iliade, tente de démêler vérité et légende dans l'épopée grecque; l'historienne Anne Bielmann Sánchez s'interroge sur le rôle des femmes à travers les figures brisées d'Hélène et des autres; professeur de latin, Danielle van Mal-Maeder (qui a édité le volume avec la collaboration de Florence Bertholet) suit les traces du cheval de Troie chez Virgile et d'autres auteurs latins, et l'archéologue Michel Fuchs les décèle dans l'imagerie grecque, étrusque et romaine. Alain Corbellari les traque dans les chansons de geste. Et comme ce médiéviste est aussi un grand connaisseur de la bande dessinée, il a été chercher ces machines de guerre dans la série des Alix de Jacques Martin et chez quelques autres dessinateurs.

En ouverture, Etienne Barilier raconte la «véritable histoire du cheval de Troie» du point de vue de l'oublié Tithon, frère de Priam et seul survivant.

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