Ce n'est pas un Salon du livre de Genève comme les autres qui a ouvert mercredi. Cette 22e édition est en effet la première à se dérouler sous l'égide de Palexpo. Jusqu'ici, le centre des congrès de Genève se contentait d'accueillir l'événement et était mandaté pour apporter divers services. L'éditeur Pierre-Marcel Favre, fondateur et président de l'événement, et son équipe occupaient les postes décisionnels. Depuis le début de l'année, les pouvoirs administratifs, logistiques et techniques sont transférés à Palexpo. Pierre-Marcel Favre conserve la présidence de la structure.

Qu'est-ce que cela change? Une professionnalisation accrue avec une billetterie électronique qui permettra pour la première fois un comptage précis des entrées. Pour l'avenir, Palexpo réfléchit aux améliorations à apporter tant au niveau de l'accueil que du contenu. «Nous n'avons pas accepté de reprendre le Salon du livre pour ronronner. Nous évoluons dans le respect absolu de ce qui a été accompli avec succès durant vingt-deux ans. Il s'agit d'apporter des idées neuves tout en s'appuyant sur l'expérience passée», éclaire René Lambelet, sous-directeur et chargé de presse de Palexpo.

Pour l'inauguration du salon mercredi, Pascal Couchepin, président de la Confédération, n'a pas dérogé à la traditionnelle visite dans les travées. L'arrêt au Pavillon égyptien, hôte d'honneur de cette édition, a été particulièrement appuyé. C'est qu'il en impose, ce bâtiment noir anguleux, écho lointain des temples antiques. Le public, encore nombreux jeudi, se pressait aux rencontres avec les écrivains et à la petite librairie. Alaa el-Aswany, auteur du best-seller L'Immeuble Yacoubian, a avancé d'un jour sa visite. La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre et la foule était au rendez-vous.

Après la visite officielle, les discours. Les Vieux Grenadiers, en costume d'apparat avec la hache des grands jours, ceinturaient de près les édiles. Pascal Couchepin a fait son point sur la politique du livre. Il a rappelé que le Tribunal fédéral avait mis un terme aux conventions professionnelles alémaniques qui «cimentaient le cartel des livres» et que «l'air de liberté» qui souffle maintenant était de nature à favoriser la promotion du livre et le développement des librairies les plus dynamiques «qui ne sont pas forcément les plus grandes mais celles qui sont dotées à leur tête de fortes personnalités». Les professionnels du livre alémaniques tiennent un symposium aujourd'hui en marge des Journées littéraires de Soleure. Tiendront-ils le même discours? Pour la Suisse romande, Pascal Couchepin attend les résultats de l'enquête que la Comco (Commission de la concurrence) a lancée sur les pratiques des éditeurs français et de leurs représentants en Suisse. «J'ai appelé plusieurs fois les éditeurs français au dialogue. Ils n'y ont répondu que par de la suffisance», a regretté le président. Abusent-ils d'une position dominante? La Comco tranchera.