Bartabas, ses rêves équestres, ses chevaux ailés du 6 au 27 juillet. Le chorégraphe et dessinateur Josef Nadj dans la Cour d'honneur du Palais des papes, pour une traversée dans l'ombre d'Henri Michaux. Le même Nadj en tête-à-tête avec le peintre espagnol Miquel Barcelo, pour une performance intitulée Paso Doble. Le maître russe Anatoli Vassiliev avec Mozart et Salieri, spectacle musical au pied d'une falaise crevassée, en pleine garrigue. Alain Françon, l'un des metteurs en scène les plus passionnants de son époque avec Born, nouvelle pièce de l'Anglais Edward Bond. Le Festival d'Avignon promet de fêter, du 6 au 27 juillet, sa soixantième édition en beauté.

Pas de scandale en vue, donc, comme celui sans précédent que le plasticien et chorégraphe Jan Fabre a déclenché l'été passé. Une partie de la presse attaquait alors sabre au clair l'Anversois, artiste associé de la manifestation en 2005. Lui étaient reprochés pêle-mêle son autisme, les crises d'épilepsie de ses interprètes, etc. Cette condamnation sans appel visait aussi d'autres créateurs œuvrant, comme Jan Fabre, au carrefour des disciplines. La critique du Figaro Armelle Héliot allait même jusqu'à demander dans un éditorial la suppression d'un festival trahissant les vœux de son fondateur Jean Vilar.

Sous le feu, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, duo juvénile qui dirige le festival depuis 2004, n'ont pas cédé. Ils ont un concept, rappelaient-ils vendredi à Genève, lors d'un déjeuner-conférence de presse. «Notre projet, c'est de permettre à un public qui vient spécialement à Avignon pour ça d'entrer dans la galaxie d'un créateur. L'an passé, c'était Jan Fabre. Cet été, c'est Josef Nadj.»

De cette programmation, donc, on dira qu'elle a une personnalité forte. Elle offre des spectacles promis au succès populaires: Bartabas, mais aussi Peter Brook qui présentera son Sizwe Banzi est mort, à l'affiche actuellement du Théâtre de Vidy, ou encore l'acide et lyrique Alain Platel, chorégraphe belge qui revient dans la cité papale avec Vsprs, sur une musique de Monteverdi. Elle invite aussi à des équipées folles, dans le camion par exemple du metteur en scène-ethnologue bâlois Stefan Kaegi (Cargo Sofia Avignon, du 20 au 25 juillet).

Bref, Avignon se veut ouvert. «Nous faisons tout pour aider le public à s'orienter, en le conviant par exemple chaque jour à rencontrer les artistes», note Vincent Baudriller. Cent trente mille spectateurs sont attendus. Bonne nouvelle: on peut réserver dès le 12juin via les Fnac en Suisse. Et le prix des billets est raisonnable: de 30 à 45francs selon les catégories.

Festival d'Avignon, du 6 au 27 juillet (Rens. http://www.festival-avignon.com).