Anne Bisang, 36 ans, Compagnie du Revoir, Genève.

Le spectacle s'appelait WC-Dames. En 1987, cette incursion loufoque dans l'univers féminin signait la naissance de la Compagnie du Revoir. Sonder le rapport entre sensibilité personnelle et interdits sociaux, constitue le fil rouge de la démarche d'Anne Bisang. Deux spectacles emblématiques: Tableau pour une exécution d'Howard Barker et Annemarie Schwartzenbach qui portait à la scène un destin de femme hors norme.

«J'imagine la Comédie comme étant le cœur de la ville. Ouvert sur la cité, c'est un théâtre qui ne se tient pas frileusement à l'écart des événements; espace privilégié de la pensée et de l'imaginaire, il s'implique artistiquement dans les réalités du monde contemporain. C'est aussi un lieu de vie et de rencontres. Ouvert toute l'année, on s'y rend pour y voir des spectacles de qualité mais aussi de jour pour y prendre un café, dialoguer, lire le journal.

» C'est une scène de dimension internationale, équipée comme telle et qui rompt définitivement avec un vieux complexe provincial qui empêchait Genève de croire en ses talents. La scène de la Comédie n'institue pas un académisme dépourvu de réalité vivante, elle témoigne au contraire de l'évolution des formes, elle s'expose, prend des risques. Sa nouvelle architecture est une merveilleuse conjugaison de l'histoire et du présent. Ce contraste favorise un esprit libre, léger, audacieux. Démocratique, accessible à tous, on y trouve des formules novatrices pour que chaque citoyenne/citoyen se sente concerné et impliqué.»