Au début était le rire. De L'arroseur arrosé des frères Lumière aux Lumières de la ville de Chaplin, le cinéma comique a connu un âge d'or. On a qualifié cet humour avant tout physique et visuel, puisque muet, mais aussi «innocent» et anarchique, de burlesque. Puis le parlant est passé par là, forçant à revoir les ressorts du comique à l'écran. Mais une sourde nostalgie est restée, doublée du soupçon que ces premiers clowns possédaient le secret d'un des fondements mêmes du cinéma. C'est ainsi qu'un burlesque plus impur a pu survivre jusqu'à nos jours.

Pour son cycle d'hiver, le Ciné-club universitaire a voulu mettre en lumière la généalogie du genre, et inviter à méditer (au travers d'une brochure composée d'excellents textes maison) les rapports complexes qu'il entretient avec l'enfance. Le cycle lui-même débute ce soir par des courts métrages animés de Tex Avery (19 h) et muets avec Harry Langdon et Harold Lloyd. Suivront ces prochaines semaines Buster Keaton et Charlie Chaplin, puis déjà sur le versant du parlant, Laurel et Hardy, les Marx Brothers et Olsen & Johnson (Hellzappoppin'). Ensuite, le programme s'en va chercher des manifestations plus récentes de l'esprit burlesque du côté de Blake Edwards, Woody Allen, Mel Brooks et du «team» Abrahams-Zucker, des Français Jacques Tati, Pierre Etaix et Pierre Richard, et des très Britanniques Monty Python. Manquent principalement à l'appel Jerry Lewis, juste convoqué comme acteur dans le nostalgique Funny Bones de Peter Chelsom (1995), et Richard Lester. Au total, peu de raretés, mais une belle occasion de réfléchir en s'amusant.

Ciné-Club universitaire, Auditorium Fondation Arditi (av. du Mail 1, Genève, tél. 022/379 77 05). Du 10 janvier au 4 avril, les lundis à 19 h et 21h. Rens: http://www.unige.ch/acultu