Un petit vent révolutionnaire plane sur l'institution du Goncourt, prix littéraire français le plus prestigieux. Au nom de la tradition, les jurés ont longtemps fait la sourde oreille aux critiques. Un jury tournant et non pas permanent pour éviter les collusions avec les éditeurs? Lors d'interviews encore toutes récentes, ce type d'idée ne rencontrait que peu d'enthousiasme auprès des membres de l'académie.

Les sélectionnés uniquement

Mardi dernier, lors de la première réunion depuis la remise du prix le 6 novembre à Gilles Leroy pour Alabama Song (Mercure de France), une atmosphère digne d'un 4 Août a soufflé sous les lambris du restaurant Drouant, quartier général du prix. De nouvelles règles ont été posées. Non sans soulever, comme le rapporte Le Monde, une vive «querelle entre anciens et modernes».

Le Prix Goncourt ne pourra être remis qu'aux livres dûment sélectionnés. Les votes des absents aux délibérations ne seront plus pris en compte. Robert Sabatier, l'un des jurés, a menacé de rendre son tablier et Daniel Boulanger a vivement protesté. Jorge Semprun, du clan des frondeurs, a osé aller plus loin encore en suggérant que les membres âgés de plus de 80 ans donnent leur démission. Seuls trois jurés ne sont pas concernés. La présidente du jury, Edmonde Charles-Roux souhaite un jury tournant. Prochaine séance de travail: le 8 janvier.