Spectacle

Un verre en attendant la Fête des vignerons

Dans un an, la 12e Fête des vignerons mettra le feu à la région veveysanne. L’excitation monte, tandis qu’une horloge a commencé à décompter les heures

Sur la place du Marché de Vevey, une montgolfière aux couleurs de la fête ronfle devant la Grenette. Il reste un peu moins de 365 jours avant la première représentation de la 12e Fête des vignerons. L’heure est parfaite pour évoquer les chiffres et les fastes de ce fleuron du patrimoine culturel de l’humanité, avalisé par l’Unesco.

«Vingt représentations de 20 000 spectateurs, 5400 figurants vont faire de Vevey la capitale patrimoniale de la Suisse», se réjouit la syndique, Elina Leimgruber. Cette gloire se paie en menues nuisances: la place du Marché sera fermée pendant quelques mois et la ville bouleversée du 18 juillet au 11 août 2019.

La Fête se répand dans les rues, couvrant 180 000 m² de stands et de scènes. Frédéric Hohl travaille d’arrache-pied sur la mobilité, la sécurité et la «Green Touch». Les produits du terroir auront la part belle: sur les 60 restaurants que gère la Fête, la moitié est tenue par des Veveysans, le reste par des Vaudois (40%) et des Fribourgeois (10%). Les billets, entre 79 et 299 fr., seront en vente dès le 17 septembre.

Bacchus et Cérès

Pour François Margot, la Fête forge l’identité helvétique au même titre que les expositions nationales ou les fêtes de lutte et de gymnastique. L’abbé-président de la Confrérie des vignerons évoque une lente gestation qui s’emballe et invoque les dieux mythologiques (Bacchus et Cérès en première ligne), en espérant que les «spectateurs aient la sagesse de se déboutonner un peu».

La promesse de bacchanale imaginée par Daniele Finzi Pasca commence par un «paroxysme», un déluge de percussions martelant un premier tableau consacré aux vendanges. A travers le récit d’une petite fille et de son grand-père se succèdent une douzaine de tableaux évoquant différentes saisons de la viticulture (la taille, les pleurs), ainsi que les minutes de l’histoire des hommes (le mariage) ou de la région veveysanne (la foire de la Saint-Martin). Le finale revient de façon encore plus échevelée aux vendanges. Le Ranz des vaches sera entonné, en chœur et non plus en solo. En revanche, ces hommages binaires à la Riviera vaudoise que sont Smoke on the Water, de Deep Purple, et Lavaux, de Prince, n’ont pas trouvé place dans la partition musicale…

Libations futures

«La Fête est un hommage aux vignerons-tâcherons du pays, mais aussi de Suisse et d’ailleurs, et encore à tous ceux qui travaillent la terre, qui s’interrogent sur la terre, qu’ils soient agriculteurs ou citadins consommateurs», rappelle l’abbé-président. Le 18 juillet, la première représentation commencera à 7 heures du matin avec le Couronnement des tâcherons. Cette cérémonie fondatrice sera reprise tous les jours dans une version réduite.

La direction artistique a rêvé d’une arène «pleine de machines scéniques, de surprises et de magie». La scène centrale, de 1400 m², soit environ la taille d’un bassin olympique, sera entièrement recouverte de LED! Ce «3.0 gaïouf», pour reprendre une expression entendue sous la Grenette, soulève des questions inédites: comment les LED réagissent-ils aux bouses de vache?

A midi moins cinq, Tissot découvre l’horloge qui décompte les jours. Il reste 364 jours, 19 heures, 46 minutes et 57 secondes avant que la Fête commence. Les libations futures débutent par une dégustation du vin de la Fête, un blanc de Lavaux assez frais tirant sur la minéralité. C’est le moment de comparer les mérites des éditions passées, 1999, 1977, 1955 pour les plus âgés. «La plus belle, c’est celle de nos 20 ans, celle avec laquelle on entretient un rapport charnel», pense Daniel Bovard, qui réalise pour la RTS le film de la Fête. Il a ainsi rencontré un centenaire pour qui la plus belle était indéniablement celle de 1927!


La Fête des vignerons, du 18 juillet au 11 août 2019.

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