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Hope van Dyne, dite La Guêpe (Evangeline Lilly) et Scott Lang, alias Ant-Man (Paul Rudd)
© DR

Cinéma

Une bonne partie de yo-yo quantique dans «Ant-Man et La Guêpe»

Le vingtième titre de l’univers cinématographique Marvel retrouve le plus petit et le plus irresponsable des super-héros. Cambrioleur gaffeur, l’homme-fourmi ne se prend jamais au sérieux

En 2016, les Avengers ont fait sécession. Sous la houlette d’Iron Man, une moitié d’entre eux a accepté de se soumettre aux décisions de l’ONU, tandis que l’autre partie, rassemblée autour de Captain America, a décidé de rester indépendante. Après une grosse bagarre sur l’aéroport de Berlin, les francs-tireurs ont fini en prison. Un endroit que Scott Lang (Paul Rudd, de Friends) connaît bien: ce petit cambrioleur était sous les barreaux lorsque le physicien Hank Pym (Michael Douglas) est venu le chercher pour lui proposer le job d’Ant-Man, le super-héros tutti rikiki maousse costo.

Monde infra-atomique

La peine de Scott a été commuée en deux ans d’assignation à domicile. Il joue gentiment avec sa fille en prenant garde de ne pas mettre le pied dehors. Les circonstances vont l’obliger à enfreindre le règlement. Il rejoint son mentor, Hank Pym, l’homme qui a mis au point la technologie de la miniaturisation, et sa fille Hope Van Dyne (Evangeline Lilly), dite La Guêpe, justicière à géométrie variable elle aussi. L’ex-girl friend est un peu fâchée que ce ballot de Scott se soit fait gauler à Berlin, mais, contre toute attente, ils vont renouer de tendres liens au cours des aventures qui les attendent…

Dans les années 80, la femme de Hank Pym, Janet Van Dyne (Michelle Pfeiffer), a dû rapetisser jusqu’au pictomètre afin de désamorcer une ogive nucléaire. L’explosion a été évitée mais l’héroïne n’est jamais revenue du monde infra-atomique. Scott s’étant lui-même égaré dans cette dimension lugubre, mornes étendues que le gluon domine, ne serait-il pas à même d’aller repêcher l’épouse et mère infinitésimale?

Pantalonnade quantique

Ant-Man et La Guêpe prend beaucoup de temps pour rafraîchir les mémoires avant de passer à la raison d’être de ce petit coin de l’univers Marvel: des gags entomologiques, de l’action délirante. Comme Les Gardiens de la galaxie, l’homme-fourmi ne se prend pas au sérieux. Peyton Reed (Yes Man) retrouve sa place derrière la caméra et mène le bal quantique avec fougue. «Tout est quantique pour vous?» grogne Scott au cours d’une dispute entre physiciens, désamorçant toute objection face au déni des lois de la physique. Ces invraisemblances sont «quantiques», et tant pis si le chat de Schrödinger se retourne dans sa tombe – ou son panier.

Le film pratique un incessant mouvement de yo-yo entre l’infiniment petit (de l’ordre du zeptomètre) au très grand (Ant-Man atteint 24 mètres de hauteur pour jouer Gulliver chez les Lilliputiens dans le port de San Francisco). L’immeuble dans lequel Hank Pym a son laboratoire est rétréci aux dimensions d’une mallette de transport roulante. Histoire de ne pas rester coincé dans les embouteillages, on réduit les bagnoles au format Dinky Toys, puis on remake Bullit en version schtroumpfée.

Outre des bandits d’envergures diverses, Scott a maille à partir avec la police, qui le soupçonne de contrevenir à sa probation: il est effectivement facile d’ôter un bracelet de surveillance quand on fait quelques centimètres de haut. Quand l’inspecteur Woo croit coincer le fautif, affalé contre la paroi d’un building dans sa combinaison XXXXXL, Scott se tire par la porte de derrière en caleçon, ô bonheur de la pantalonnade quantique! On retrouve aussi avec plaisir les pieds nickelés qui servent de potes à Scott, particulièrement Luis (Michael Peña). Sous l’effet d’un sérum de vérité, la logorrhée du petit Mexicain volubile prend des proportions psychédéliques.

Fourmi géante

Le film introduit un nouveau personnage, le Fantôme. A la suite d'une explosion forcément quantique d’antimatière dans son enfance, cette jeune femme vit en état d’instabilité corporelle. Elle se dédouble, se défait, se dématérialise comme se pâmaient les dames d’antan, introduisant un juste bémol de gravité dans la farce.

Le générique de fin recèle deux bonus. Le premier exile Ant-Man dans les limbes infra-atomiques en désintégrant la famille Van Dyne: on est à la fin d’Avengers: Infinity War, part 1, au moment où Thanos éradique les deux tiers de l’humanité. On ne s’inquiète pas trop car un carton de fin dit «Ant-Man et La Guêpe reviendront».

Quant au second bonus, il montre juste une fourmi géante en train de jouer de la batterie. Ce plan aussi joyeusement idiot qu’inutile prolonge agréablement la note absurde emblématique du super-myrmidon.


Ant-Man et La Guêpe (Ant-Man and The Wasp), de Peyton Reed (Etats-Unis, 2018), avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Hannah John-Kamen, Michelle Pfeiffer, 2h05.

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