Il va y avoir du suspense sur TF1. Dans une série. En soi, c'est un événement. Une Chance de trop, que la RTS dévoile en primeur ce samedi soir, brille par sa mise en place efficace, qui va vite à l'essentiel: la tension. Pour ce faire, le moteur idéal : l'enlèvement d'un enfant.

Une balle dans le torse

Alice (Alexandra Lamy) vit heureuse en banlieue parisienne avec son mari et leur bébé, la petite Tara. Un matin où elle prépare le biberon, elle reçoit une balle dans le torse tirée à travers la baie vitrée de la maison. Elle se réveille à l'hôpital, où elle travaille, après une semaine dans le coma. Son mari assassiné, sa fillette disparue. Début du jeu d'un chat avec cette souris dont on devine, dès le premier épisode, qu'elle va devenir agressive pour retrouver la petite Tara. Dans ce rôle, Alexandra Lamy épate, loin de son registre comique habituel; le spectateur sent sa joie à investir ce champ dramatique, et de thriller.

Un pari du samedi soir

Pour une fois, la RTS semble avoir mis quelques quelques moyens dans l'aventure, puisqu'elle apparaît en générique – alors même que c'est un produit de la concurrente étrangère honnie, TF1. Pour l'audience, et pour essayer quelque chose d'autre dans la case désespérée du samedi soir, tout est bon.

Cependant, le défi concerne TF1 en elle-même, avec cette salve de six épisodes de 52 minutes, inspirée par un roman de Harlan Coben – lequel fait une apparition. Après quelques tentatives de fictions internationales telles que Crossing Lines, la première chaîne française s'essaie à la mini-série, genre en vogue, mais risqué: il faut vite rafler la mise, puisque le ressort est de courte durée. Le rêve des diffuseurs est d'opérer un genre de Blitzkrieg de l'audimat. Afin de maximiser les chances, les créateurs ont accumulé les valeurs populaires: l'auteur à succès Coben, l'adorée Alexandra Lamy, quelques seconds rôles identifiants tels qu'un flic ronchon incarné par Lionel Astier... Et donc, la disparition de l'enfant. Le pire scénario. Le meilleur, espèrent les chaînes.