Culture

Une comédie surréaliste

«Musée haut, musée bas» surprend avant tout par son originalité

«Musée haut, musée bas» surprend avant tout par son originalité

Voilà une comédie tout à fait curieuse. Ni réussie, ni ratée, Musée haut, musée bas fait office d'ovni dans une tradition comique française qui s'inspire en général du vaudeville. Ici, tout part d'une idée, une notion. Celle de l'Art vu et interprété par ses spectateurs, lambda ou éclairés. L'absurde et le surréalisme (on pense parfois à du Ionesco) baignent cet étrange petit objet, signé Jean-Michel Ribes et adapté de sa pièce de théâtre à succès créée en 2004.

Le directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris, metteur en scène, réalisateur entre autres des séries Merci Bernard et Palace, s'est entouré pour l'occasion de tout le gratin des comédiens français, de Michel Blanc à Valérie Lemercier, en passant par Yolande Moreau ou Fabrice Luchini. Chacun incarne un type de spectateur, qu'il soit snob, beauf, cultivé, faussement cultivé, citadin ou provincial. Devant les chefs-d'œuvre, tous ne sont pas égaux. Certains donnent leur avis, d'autres n'en ont pas, certains ressentent, d'autres pas, certains garent leur voiture à l'étage Picasso parce que c'est joli ou d'autres se demandent si la nature n'est devenue belle qu'à partir du moment où elle a été peinte. Cela donne du «Moi, j'adore la période qui va de Vinci à Warhol» et du «Et celui avec les coquelicots qui est dans le restaurant de Paulette, on va le voir? - Bien sûr, mais sans le calendrier autour - Ah, zut!»

Drôle souvent, trop long par moments, avec des phases et certains passages inutiles, ce musée haut rit du snobisme et fait du populaire totalement assumé. Mais le fond, au final, importe peu, au profit de l'absurdité rafraîchissante des dialogues.

Musée haut, musée bas, de Jean-Michel Ribes (France, 2008) avec Victoria Abril, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Isabelle Carré, André Dussollier. 1h33.

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