Impatience printanière? C'est un rendez-vous insolite que le Festival de la Bâtie et le Grand Théâtre de Genève ont fixé hier à la presse. Jean-Marie Blanchard, directeur de la maison de la place Neuve, et André Waldis, maître de cérémonie du rendez-vous automnal, brûlaient d'annoncer leur collaboration, dont le public ne découvrira pas les fruits avant septembre. Au cœur de cette alliance, le chorégraphe lausannois Gilles Jobin, dont les dernières créations The Moebius Strip et Under Construction ont magnétisé les salles en Suisse et à l'étranger. Figure marquante de la danse contemporaine, l'artiste se voit confier le Ballet du Grand Théâtre, le temps d'une création.

Choc culturel a priori entre Gilles Jobin d'une part, adepte d'une danse en apesanteur, et la formation genevoise, habituée à cultiver arabesques et grands écarts. Ce fossé pourtant n'effraie ni Gilles Jobin ni Jean-Marie Blanchard. Le premier se félicite de l'ouverture d'esprit des danseurs genevois. Reste à construire, comme il dit, un dictionnaire commun. Quant à Jean-Marie Blanchard, il revendique la polyvalence de sa troupe. «Son emblème doit être son excellence, quel que soit son registre.» Et il espère que cette association inédite lui ouvrira les portes des scènes internationales.