Un fitness. A sa manière souple, le Théâtre Confiture, à Genève, réunit quelques athlètes de la comédie. Philippe Cohen, qui a mille fois fait perdre la tête au Cid de Corneille (Le Cid improvisé, exercice de virtuosité comique, révélait le comédien au grand public il y a une quinzaine d'années), pourrait bien jouer les coaches. Sauf que l'humoriste est un adepte du jeu collectif, comme disent les chroniqueurs des terrains de football.

Esprit de corps donc à Confiture: Gaspard Boesch, auteur et acteur, Sara Barberis et Brigitte Rosset entourent Philippe Cohen. Et ce quatuor de signer depuis 1996, année où il établit ses bases à la Cité-Bleue, des saisons qui font courir les foules: 500 abonnements il y a six ans, plus de 2000 aujourd'hui. Ascension qui devrait se poursuivre dès la rentrée, tant la nouvelle affiche, riche de six spectacles, s'avère séduisante.

Musculation? Mais oui. Le comique n'est pas un don du ciel. C'est une vertu qui se travaille. A l'image du premier round de la saison programmé le 19 septembre, Les Exploracteurs, terrain d'improvisation pour Philippe Cohen et quatre coéquipiers. Le concept? Un mot jailli de presque nulle part – du public, d'un dictionnaire, etc. – est saisi au bond par un improvisateur adepte du volley-ball théâtral, chargé de lui inventer de nouvelles trajectoires. «C'est de l'improvisation pure, bien sûr, explique Philippe Cohen. Mais cela implique plusieurs semaines d'entraînement, histoire de développer la vitesse de réaction.»

Nuits captives

Autre forme d'entraînement, celui auquel se soumet Gaspard Boesch, la trentaine débonnaire. Pêcheur de phénomènes de société («c'est la matière première de nos créations», explique-t-il), il passe une partie de ses nuits devant l'écran insomniaque de son ordinateur, transformé en paradis artificiel fluorescent. Il y exerce ses talents de stratège, d'un jeu à l'autre, en télépathie avec des milliers d'internautes. Cette passion lui a inspiré Game lover, histoire d'un captif de la Toile, victime d'un coup de foudre virtuel. Sa belle est une héroïne de jeu vidéo. Fantasmagorie, donc, à découvrir dès le 23 janvier.

Que des créations ex nihilo? Oui. Avec une exception notable au printemps. L'Italien Antonio Fava montera en fin de saison un classique, Filumena Marturano, comédie du Napolitain Eduardo de Filippo. «C'est une façon de dialoguer avec nos prédécesseurs», raconte Philippe Cohen.

Rens. 022/839 21 02 et «http://www.theatre-confiture.ch».