Genre: Roman
Qui ? Eric Laurrent
Titre: Les Découvertes
Chez qui ? Minuit, 174 p.

Très régulièrement, Eric Laurrent publie, toujours chez Minuit, de brefs romans d’une impeccable préciosité. Au sein de sinueuses périodes, nichent d’élégants imparfaits du subjonctif, au risque d’occulter le thème de ces déploiements de virtuosité. Ce dixième livre, à l’écriture toujours aussi tenue (Mallarmé, cité en exergue et en idéal?), commence sur le ton de l’autobiographie, depuis la garderie. «Découvertes» des joies de la lecture, «lexicomanie» nourrie au lait du Petit Larousse, révélation de la Femme grâce aux Sabines de Jacques Louis David. Fascination confirmée dans les pages Lingerie du catalogue de La Redoute, plus tard par la revue Penthouse et la fréquentation de la piscine. Une enfance chiche en plaisirs gastronomiques (les mesures familiales d’économie alimentaire nourrissent une phrase longue comme un jour sans pain et très drôle) mais riche d’émotions érotiques. Un roman d’éducation, donc, essentiellement sexuelle, avec ce que cela demande d’imagination et de dissimulation quand on est petit garçon à Clermont-Ferrand vers 1970, émaillé de références littéraires et artistiques. Dans ce court récit, les phrases cheminent par lents détours jusque vers l’accomplissement tardif de l’acte tant fantasmé, pour clore, magnifiquement, sur trois notes en fin de volume, qui sont le meilleur du livre, le plus touchant peut-être.