Si vous avez lu le dernier roman de Joël Dicker, peut-être vous êtes-vous senti légèrement… perplexe en découvrant son dénouement. Après avoir déroulé pendant 600 pages une intrigue policière à tiroirs, celle du meurtre de la famille Gordon et d’une joggeuse dans la station balnéaire américaine d’Orphea, La disparition de Stephanie Mailer brouille une dernière fois les pistes. Involontairement.

La faute à ce qui semble être une erreur d’inattention: à la page 626, soit à la toute fin du livre, les noms de deux personnages centraux, tous deux maires de leur état, ont été intervertis. Un unique passage, court mais néanmoins crucial, puisqu’il révèle les manœuvres croisées qui ont mené à deux meurtres. De quoi surprendre, voire interloquer les détectives en herbe en quête du fin mot de l’histoire.

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Discret erratum

Depuis, l’erreur a été corrigée. Si seul le premier tirage du roman est concerné, il touche tout de même quelque 300 000 exemplaires, parus en mars dernier, comme le relevait François Morel sur les ondes de France Inter vendredi. «Quand vous vous tapez 626 pages pour qu’on vous trompe sur l’identité de l’assassin, c’est quand même un petit peu ballot», ironise l’acteur dans une chronique intitulée sarcastiquement «Qui a tué le correcteur?».

Et François Morel de pointer du doigt l’éditeur du romancier genevois, les Editions de Fallois. «[Ils] ne se sont pas gênés, ils ont écoulé les 300 000 premiers exemplaires, n’ont pas prévenu les libraires qui sont quand même les premiers contacts des lecteurs et se sont juste fendus d’un discret erratum sur leur site en bas de l’article consacré au dernier livre de Joël Dicker.» L’erratum est en effet expéditif et plutôt discret: «Une erreur s’est malencontreusement glissée page 626, ligne 2, dans la première impression. Il faut lire «maire Gordon» au lieu de «maire Brown.»

Les risques du métier

Contacté par téléphone, l’éditeur reconnaît sa bévue: «Nous avons été pris par le temps au moment de la relecture. Ce genre de coquille peut arriver, c’est les risques du métier sur un ouvrage aussi important. Mais ça n’excuse en rien notre erreur.»

Quant à savoir si le maximum a été fait pour réparer la confusion nominale, l’éditeur est formel: «Les libraires ont été prévenus. Mais il s’agissait d’une masse importante d’exemplaires vendus qu’il aurait été difficile de récupérer. Certains lecteurs n’ont rien remarqué, d’autres oui, et ils nous ont envoyé un certain nombre de messages auxquels nous avons tenté de répondre au plus vite.»