opéra

Une flûte faite pour nous enchanter

L’artiste sud-africain William Kentridge réinvente les espaces de Mozart

Genre: opéra
Qui ? Wolfgang Amadeus Mozart
Titre: Die Zauberflöte
Chez qui ? (DVD Opus Arte Musikvertrieb)

Un fond sans cesse mouvant, des espaces dont la profondeur ouvre sur l’infini du ciel, des cheminements sous les voûtes du temple, des objets qui sont la projection des désirs des personnages, oiseaux qui s’envolent et coupe de vin qui se verse, tout cela, William Kentridge le fait vivre à l’aide de dessins au trait noir sur blanc, animés avec imagination et non sans humour. Les références à la science des Lumières ne manquent pas, cartes du ciel et schémas géométriques, non plus que les paysages égyptiens ou le rappel des fameux décors de Schinkel, le monde enfantin de Papageno autant que la société savante que forment les prêtres de Sarastro, et tout un peuple d’animaux, dont un délicieux rhinocéros à qui la flûte magique de Tamino fait faire la culbute!

Ce que Kentridge ne fait pas, c’est mettre le livret de Schikaneder cul sur tête. Tout au plus relie-t-il la volonté éducatrice de Sarastro aux bienfaits ambigus du colonialisme. Sinon l’histoire est honnêtement racontée. C’est l’espace créé alentour qui fait respirer un air nouveau à la musique de Mozart.

Comme pour Le Nez de Chostakovitch, cette production s’est promenée avec succès sur les scènes du monde: c’est ici la Scala de Milan qui l’a reprise au printemps 2011. L’orchestre milanais s’allège sous la baguette vive de Roland Böer. Bonne équipe, dont émerge une Pamina émouvante (Genia Kühmeier), une Reine percutante (Albina Shagimuratova) et un ­Papageno chauve et inattendu (Alex Esposito).

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