Plus qu'une semaine pour se perdre dans «La Forêt» de Xavier Veilhan. C'est l'une des œuvres les plus fortes que le Musée d'art moderne et contemporain de Genève (MAMCO) a exposées depuis son ouverture. Elle a poussé au mois d'octobre 1999. Elle sera démontée à partir de lundi prochain.

Sur l'un des grands plateaux du MAMCO, de grands cylindres irréguliers de feutre brun s'élèvent du sol au plafond. Ils forment le paysage d'un sous-bois de futaie. La lumière est pauvre. Le son est assourdi par les matériaux. Cette forêt n'est pas un simulacre. Ni la représentation fidèle d'une forêt qui pourrait exister. On y joue un théâtre sans scénario ni dialogue, et les acteurs sont ses visiteurs.

Xavier Veilhan note judicieusement que les forêts européennes n'ont plus rien de naturel. Elles ont été exploitées, et replantées. Les essences y sont choisies par la volonté des hommes et non par les caprices de la nature. «La Forêt» du MAMCO est un caprice humain, une fantaisie.

Les visiteurs de «La Forêt» font partie de la forêt. Quand on pénètre dans cet espace obscur, on entend leurs pas et leurs paroles étouffés. Les artistes d'aujourd'hui proposent rarement des œuvres à contempler, mais des œuvres à compléter. Ceux qui doutent de leur sérieux et de leur invention ont là une occasion de se réconcilier avec eux.

LA FORÊT de Xavier Veilhan. Musée d'art moderne et contemporain (MAMCO), 10, rue des Vieux-Grenadiers, Genève. Tél. 022/320 61 22. Ouvert du mardi au dimanche de 12 h à 18 h. Jusqu'au dimanche 3 septembre.