Jacques Chirac, chef de l'Etat et ami de Bécaud, a exprimé son «émotion» et souligné dans un communiqué que Bécaud «était une des voix les plus fortes et les plus entraînantes de notre temps». «Il était un auteur, un compositeur et un interprète d'exception. Mais il était plus encore une chaleur, une immense générosité et un enthousiasme communicatif au service de la chanson française dont il était l'un des ambassadeurs les plus talentueux», ajoute Jacques Chirac. «Quand il est mort le poète, s'installent le silence et la tristesse», poursuit-il.

Pierre Delanoë, 83 ans, parolier et complice de Bécaud depuis 1953 («Mes mains», «Viens», «Nathalie»), avait encore collaboré l'an dernier avec le chanteur: «J'étais alors hospitalisé à la suite d'un pontage coronarien, Bécaud avait envoyé une ambulance pour me chercher. Nous avions écrit plusieurs chansons, dont l'une était intitulée SOS Mozart». «Bécaud était une personne vivante, nerveuse, suractive, il avait les défauts de ses qualités. C'était surtout un mélodiste et un harmoniste extraordinaire, il avait le don de trouver instantanément une mélodie. C'est comme cela que sont nées des chansons telles Et maintenant que vais-je faire? ou Le Jour où la pluie viendra, composée en un quart d'heure: un jour de temps couvert, je regardais par la fenêtre et lui décrivais les nuages qui passaient au loin. Il était assis à son piano. Il a composé la mélodie sur-le-champ».

Charles Aznavour s'est souvenu de leur rencontre au début des années 50. «Sa fougue et son optimisme extraordinaire, son envie de bousculer le monde de la chanson, m'ont interpellé dès que je l'ai vu. […] Alors que tout se ressemble aujourd'hui, quand on regarde l'œuvre de Gilbert, on se rend compte qu'aucune mélodie ne ressemble à l'autre.»