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Une gifle télévisuelle venue d’Australie

Montrée ces jours par Arte, «La Gifle» («The Slap») détaille les conséquences d’une baffe donnée à un bambin lors d’un barbecue. Un exercice de style bluffant

Le temps des séries TV

Une gifle d’Australie

Cela commence donc par une gifle, donnée à un enfant, ce bel après-midi de dimanche, lors d’une fête. L’hôte célèbre son quarantième anniversaire. Autour du barbecue, c’est son cousin, dans cette fratrie grecque de Melbourne, qui, excédé par l’agitation du bambin, sort de ces gonds. Jusqu’à l’acte brutal choquant la famille du petit, qui portera plainte.

Montrée depuis jeudi par Arte – et en rattrapage –, La Gifle (The Slap) avait été découverte au Festival Tous Ecrans l’année passée. Cette fiction en huit épisodes connaît une belle carrière internationale depuis sa diffusion en Australie, pour une unique saison, en 2011. Comme de juste, il est question d’un remake américain. Le feuilleton est écrit par Emily Ballou, Alice Bell et Brendan Cowell, sur la base d’un roman de Christos Tsiolkas.

La construction de La Gifle développe avec intelligence le principe de la fiction chorale. Une catégorie parfois un brin fourre-tout qui séduit de plus en plus les auteurs de séries, surtout lorsque le nombre d’épisodes est prédéfini. Dans ce cas, le récit à facettes multiples est exploité de manière subtile, en laissant une bonne marge de manœuvre aux personnages qui constituent le centre d’attraction des épisodes. Chaque chapitre met en exergue l’un ou l’autre des acteurs du drame de ce dimanche-là. A la différence d’autres séries de ce type, où le drame initial est sans cesse rappelé, formant la pierre autour de laquelle tourne la totalité de l’intrigue, La Gifle détaille plus particulièrement les suites de l’événement, y compris l’immixtion de la police dans ce réseau d’amis après le dépôt de la plainte. Chacun des protagonistes – dont une auteure de soaps télévisuels – fait le lien avec les autres principaux personnages, tout en offrant une porte d’entrée sur son propre univers, son réseau, ses tracas ordinaires.

C’est cette richesse de composition qui fait l’originalité du feuilleton. Les tranches de vie peuvent paraître banales, et ce, dès le premier volet. Mais les auteurs les entremêlent et les superposent de façon à ce que l’intensité générale du résultat semble excéder le modeste volume de huit épisodes. Une baffe, s’agissant de l’exercice de style.

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