Denis Maillefer, 30 ans, Théâtre en Flammes, Lausanne.

Le Vaudois Denis Maillefer est un homme pressé. A 20 ans, il montait ses premières pièces. Sans craindre les ratures. Dix ans plus tard, l'homme peaufine son style, tempérant son lyrisme par un sens du contre-pied affirmé. Cela a donné récemment une Cerisaie très remarquée. Le théâtre de la Comédie? Il lui fait sans doute l'effet d'un vieux manoir cinglé par le vent mauvais, affichant son lustre d'antan en guise d'excuse. Il a pourtant accepté d'investir le bâtiment. Extraits choisis: «Je rêve d'une Comédie qui serait une véritable maison des acteurs et du public. J'y installerais d'abord un salon littéraire rempli de fauteuils confortables, d'une bibliothèque bien garnie et d'un vaste choix de thés et de cafés. Les acteurs, les metteurs en scène, les costumières et les autres pourraient y venir n'importe quand lire, parler et travailler.

» Je crois qu'un théâtre se doit absolument d'être convivial. C'est un endroit de rencontres, et non un lieu où consommer de la culture entre deux portes.

» Sur le plateau, je mettrais l'accent sur la personnalité des metteurs en scène (ou des troupes) plutôt que sur des auteurs. J'essaierais aussi de montrer plusieurs travaux d'un créateur lors d'une série de représentations, afin de permettre au public de découvrir plus largement une démarche.

» Enfin, je proposerais de réelles coproductions. Réelles dans le sens où l'on ne se contente pas de partager les coûts, mais où l'on essaie de mettre en présence des acteurs/artisans de deux (ou plus) théâtres pour échanger les savoir-faire et les sensibilités.»