Quand un petit blondinet explique à ses camarades qu’il rêve de devenir Miss France, il ne suscite que des moqueries. Mais Alex ne s’en laisse pas conter, car il ne faut jamais abandonner ses rêves. Le voici devenu un beau jeune homme androgyne, cabossé par la vie et vivant au sein d’une improbable famille d’adoption. Première étape: le concours Miss Ile-de-France. Pour l’aider à faire croire qu’il est une femme, il va se reposer sur Lola, un travesti en fin de course; et pour se forger un moral de vainqueur, il va faire appel à un ami boxeur.

Deuxième long métrage de Ruben Alves, Miss n’est pas un drame identitaire emmenant le spectateur au plus profond de la psyché d’un homme né dans un mauvais corps. Il s’agit d’un feel-good movie préférant jouer la carte de l’humour – malgré des moments dramatiques – afin de faire d’Alex un personnage rassembleur puisque, dans le fond, tout le monde aimerait parfois être quelqu’un d’autre.

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La limite du film vient d’ailleurs de cette absence de véritable ancrage sociétal. Miss est néanmoins sauvé par la performance lumineuse d’Alexandre Wetter, qui a défilé en femme pour Gaultier et fait ses débuts à l’écran. Dans le rôle de Lola, Thibault de Montalembert (Dix pour cent) en fait à l’opposé un peu trop, même s’il s’avère truculent.


Miss, de Ruben Alves (France, 2020), avec Alexandre Wetter, Pascale Arbillot, Isabelle Nanty, Thibault de Montalembert, 1h47.