«Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner.» C’est avec cette phrase que le président américain, Donald Trump, avait lancé les hostilités le 18 mars 2018 en annonçant des droits de douane de 25% et de 10% respectivement sur l’acier et l’aluminium importés. Il vient de remettre ça et ouvre un deuxième front dans la guerre commerciale. Avec l’Union européenne.

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Les hostilités lancées par le président américain ne sont pas de bon augure pour l’économie mondiale, déjà chancelante. Le ralentissement est marqué cette année et le spectre de la récession plane sur 2020. Les raisons sont connues: la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis a instillé l’incertitude à tous les niveaux de la vie économique. Les investisseurs ne veulent pas prendre de risques et les consommateurs commencent à hésiter avant de faire des achats.

Le moral des investisseurs

L’industrie manufacturière mondiale tourne au ralenti et on vient d’apprendre que même du côté des services, les commandes, notamment aux Etats-Unis, déclinent. Dans ces circonstances, si les Etats-Unis et l’Union européenne s’imposent mutuellement des droits de douane, personne ne gagnera au change.

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L’Organisation mondiale du commerce a autorisé Washington à sévir sur des biens et services européens importés d’une valeur de 7,5 milliards de dollars par année. Dans six mois, Bruxelles pourra agir de la même manière en représailles aux subventions illégales accordées à Boeing par les autorités américaines. Des broutilles par rapport aux échanges transatlantiques, qui s’élèvent à 1300 milliards de dollars par année. Mais l’impact serait beaucoup plus profond, notamment sur le moral des investisseurs et des consommateurs.

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Donald Trump a refusé la possibilité de négocier un accord avec les Européens alors même que les Etats-Unis ont été jugés tout aussi coupables d’avoir accordé des subventions illégales à leur constructeur Boeing. Au contraire, il n’a pas caché sa joie mercredi en franchissant une nouvelle étape dans la guerre commerciale.

Ironie du sort, le même mercredi, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, mettait en garde: «Les guerres commerciales sont faciles à déclencher et à faire monter en puissance. Mais elles se terminent souvent mal pour tout le monde, y compris pour ceux qui les ont fomentées.»