Scènes

Une nuit pour rêver sous les étoiles avec les poètes

En guise de lancement de saison, le théâtre Nebia, à Bienne, propose de passer une nuit en plein air, ce samedi, au fil des mots et de la musique. Le sommeil est autorisé!

Michaux, Cendrars et Proust qui, longtemps, s’est «couché de bonne heure». Trois noms pour une belle invitation à plonger dans un sommeil particulier. Trois noms pour une nuit où ces plumes sensibles se mêleront à celles de vos… oreillers. Voyez plutôt. Pour son lancement de saison, le théâtre Nebia, à Bienne, invite le public à se coucher sur la paille, sous les étoiles, à 23h, et à écouter, sept heures durant, les cris et surtout les chuchotements des comédiens du Théâtre de l’Unité. Cette traversée hors norme intitulée La Nuit unique a lieu ce samedi 31 août, sur la pelouse du château de Nidau pour une seule date suisse. A ne pas manquer.

Dans l’histoire des spectacles de rue, le Théâtre de l’Unité est une référence respectée. En 1968, Jacques Livchine et Hervée de Lafond sont parmi les premiers à avoir cru dans la puissance poétique de cet art démocratique. Le Théâtre de l’Unité était au récent festival chaux-de-fonnier La Plage des Six Pompes pour y donner à sa manière La Prose du Transsibérien de l’indomptable Cendrars. On retrouvera l’écrivain franco-suisse samedi, mais, cette fois, de nuit. Et en rangs plus serrés puisque le Théâtre de l’Unité réunit au total dix comédiens pour cette insolite traversée qui est destinée à tout public dès 12 ans.

De la Chine à Paris

«Il y aura des chants, des récits de voyage à Kharbine, en Chine, à Hanoï, au Vietnam, ou simplement à Paris, annonce Marynelle Debétaz, la directrice de Nebia. Ce qui est joli, c’est que les comédiens passent parfois à travers les rangs des gens qui sont assoupis et leur chuchotent des phrases à leurs seules oreilles. Et aussi, poursuit la directrice, lors du déjeuner qui a lieu à 7h du matin le lendemain, des spectateurs racontent leurs moments préférés et, souvent, ce sont des moments qu’ils ont rêvés! Je trouve magique ce mélange de conscient et d’inconscient.» Magique et assez rare pour être tenté. Marynelle Debétaz ajoute qu’en cas de météo chagrine, le spectacle est rapatrié à couvert. «Prenez un oreiller et des couvertures, et venez vous laisser bercer par les mots et la musique. On en ressort émus et chamboulés», assure l’âme des lieux.


La Nuit unique, 31 août, à 23h, Nebia-château de Nidau, dix minutes à pied de la gare de Bienne.

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