Lorsqu’il paradera dans les rues d’Antananarivo cette semaine, le pape François roulera… local. Pour sa visite dans la capitale malgache, il a renoncé à sa papamobile habituelle pour une voiture entièrement fabriquée sur la Grande Ile. D’un blanc immaculé, parée de ses deux fanions aux couleurs du Vatican, la Mazana II a été dévoilée quelques jours à peine avant l’arrivée du Saint-Père.

Tout sauf les vitres blindées

Fabriqué par l’entreprise locale Karenjy, le véhicule reprend l’essentiel des caractéristiques du véhicule papal habituel, soit un toit surélevé et transparent pour saluer les fidèles debout et sous la pluie, un siège surélevé pivotant pour les pauses entre deux ovations, et un accès par un escalier arrière afin d’éviter de coincer sa soutane dans la porte.

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«Les conditions imposées par le Vatican ont toutes été respectées dans la fabrication de cette voiture», assure le représentant du constructeur, Jean Fleuris Jaotody. Seule différence – invisible mais de taille – le toit vitré de la «papamobile malgache» est dépourvu de tout blindage. «Le pape a choisi de ne pas ajouter de vitres blindées. Il préfère les voitures simples», a expliqué le Père Germain Rajoelison, vice-coordonnateur de sa visite à Madagascar. «Il n’aime pas avoir un mur qui le sépare de ses fidèles. Il veut vraiment être proche du peuple.»

Quelques dizaines de voitures par an

Le modèle unique a été patiemment fabriqué durant cinq mois par quinze ouvriers à Fianarantsoa (Sud-Est), le berceau de l’entreprise Karenjy («balade» en malgache). Fondé en 1984, le constructeur vend tant bien que mal quelques dizaines de véhicules rustiques et bon marché par année, qui peinent à concurrencer les grandes marques européennes ou asiatiques.

En 1989, Karenjy avait réussi un premier coup d’éclat en transportant le pape Jean Paul II dans l’un de ses modèles lors de son passage à Fianarantsoa. Son responsable commercial, Henry Roussel, n’est pas peu fier d’avoir obtenu une nouvelle fois l’onction papale. «Que le pape François utilise une papamobile fabriquée localement, c’est vraiment un symbole fort et un message d’espoir, se réjouit-il. C’est une reconnaissance du savoir-faire des Malgaches.»

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Le Père Rajoelison n’est pas en reste: «On dit souvent que notre pays est un pays pauvre. C’est un pays pauvre, mais regardez à quel point ces personnes sont compétentes, s’exalte-t-il en désignant les représentants du constructeur. Cette voiture a été conçue par des gens venant de familles pauvres qui ont obtenu un emploi.»

Un parfait exemple, à ses yeux, du message social que le Saint-Père entend marteler lors de son étape malgache.