Ce dimanche 11 février, les squatters du collectif artistique genevois Mottattom organisent une fête publique, dès 11h, pour fêter leur premier anniversaire. En fait, c'est le 19 janvier 2000 qu'ils ont investi le 20bis, av. Giuseppe-Motta, locaux jusque-là occupés par Landis & Gyr, et dont la Ville de Genève venait de reprendre le bail. Lors de cette fête, une pétition circulera, s'opposant à la venue du Musée Jean Tua, musée de l'automobile, en lieu et place de Mottattom. Or, cette installation avait été présentée comme une aubaine, libérant des locaux nécessaires au projet BAC +3, soit le Bâtiment d'art contemporain (Centre d'art contemporain et Mamco) rejoint par le Centre pour l'image contemporaine, le Centre de la photographie et le Centre d'édition contemporaine (ex-centre de gravure).

Crédit de déménagement

Alain Vaissade, chef du Département des affaires culturelles (DAC), a annoncé début décembre que le conseiller administratif allait demander un crédit de quelque 2 millions de francs au Conseil municipal pour ce déménagement. Selon Jean-Bernard Mottet, délégué à l'information et à la communication du DAC, cette demande aura sans doute lieu au moment où les partenaires du BAC +3 auront clairement défini leurs besoins. Ce qui devrait être le cas à Pâques.

En attendant, Mottattom reste dans le doute. En avril 2000, le Conseil municipal avait, après force débats, demandé à l'exécutif de lui présenter une évaluation d'ici à une année. Une évaluation que les squatters réclament, affirmant leur bonne implantation dans un quartier peu fourni en infrastructures socioculturelles. Même si la Gérance municipale dit recevoir des plaintes pour le bruit.

Ces questions risquent de rebondir au municipal. Et s'il ne consiste pas simplement à opposer les partisans d'une expérience de quartier et les défenseurs du BAC +3 (qui a déjà obtenu l'aval du Municipal), le débat sera complexe.