scène

Une soirée délicieusement vanillée

La mise en scène de Julie Beauvais plonge aux sources du rêve, des peurs et des sensations physiques

Une soirée délicieusement vanillée

Réorchestrée pour formation de chambre (Orchestre de chambre de Lausanne pulpeux) et réduite de quarante minutes par Pierre Ruscher en 1998, Hänsel et Gretel ne perd pas un gramme de ses séductions musicales sur la scène vaudoise. La version allégée y gagnerait plutôt en lisibilité et en sensualité.

La metteur en scène Julie Beauvais s’appuie sur la direction charnelle de Laurent Gay pour livrer ses sortilèges. Un enrobant parfum vanillé évoque la maison en pain d’épice. De simples éclairages et fumées escamotent et suggèrent la forêt et les rêves. Deux ados et leurs parents, tous bien concrets, s’opposent à une épouvantable sorcière «bibendumesque» nue. La fable enfantine vire progressivement au fantastique.

«Est-ce véritablement destiné aux enfants?» s’interroge une mère flanquée de ses trois rejetons, ravis mais fatigués. Pas exclusivement, à l’évidence. Car même si l’esthétique extraordinaire du spectacle soulève les plus belles envolées oniriques dans les décors subtils de Claire Peverelli (entre neige, plumes, sable et nuit magique), le chant, en français surtitré, n’est pas facile à suivre pour les plus jeunes. La petite Circée âgée de 8 ans, a «adoré», mais compris «comme ci, comme ça…».

Les voix d’agrume de Céline Mellon (Gretel) et Carine Séchaye (Hänsel), la mère vissée à son écran de télé et sorcière obèse truculente d’Isabelle Henriquez, le père un peu cotonneux de Marc Mazuir et les chœurs débordants de vitalité de la Maîtrise Horizons ne manquent pourtant pas de charmer et de convaincre.

Hänsel et Gretel, à l’Opéra de Lausanne, jusqu’au 12 février. Rens. www.opera-lausanne.ch

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