En ces temps de sourcilleux respect des sensibilités religieuses des uns et des autres, doublé d’un non moins sourcilleux respect du politiquement correct, une anecdote que narre dans tous ses détails le New York Times va faire sourire dans les chaumières.

De quoi s’agit-il? D’une échoppe branchée de Bond Street, à New York. Une confiserie pour bobos fortunés, spécialisée dans les créations décoiffantes où chocolat et métal précieux sont conjugués au service de bouchées sculptées du plus bel effet. Clou de la boutique: la «Divine Collection» où des statuettes en chocolat poudrées d’or 24 carats figurent Bouddha (en taille Jumbo, Large et Small), Jésus, la Vierge de Guadeloupe, Moïse… et Ganesh, le dieu qui, dans l’hindouisme, supprime les obstacles, incarne la sagesse, l’intelligence et la prudence. On le reconnaît à sa tête d’éléphant.

C’est cette figurine en chocolat de Ganesh qui a déclenché la polémique. Le New York Time raconte qu’une organisation nommée Universal Society of Hinduism a demandé le retrait immédiat de ce Ganesh en chocolat. Dans son argumentaire, le président de l’Universal Society of Hinduism, Rajan Zed, fait remarquer que l’usage inapproprié de la statuette de Ganesh peut blesser les sentiments religieux de la communauté hindoue. D’autant que ladite statuette est mangeable.

Le New York Times nous apprend que l’honorable Rajan Zed n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il pourchasse partout dans le monde les musées, brasseries et autres maisons de mode coupables à ses yeux de dévoyer les images de divinités hindoues sur leurs produits.

Il nous apprend également que les communautés catholiques et bouddhistes prennent les choses avec plus de philosophie. Et que la propriétaire de la confiserie n’a pas inclus le prophète Mahomet dans son assortiment…

Postée sur la page Facebook du journal, l’enquête d’Andy Newman a déclenché une nuée de commentaires, le plus souvent ironiques. Mais où, aussi, de vraies leçons de théologie sont administrées, y compris au président de l’Universal Society of Hinduism. Ainsi ce commentaire de Vivek Reddy qui souligne qu’en hindouisme, une statuette de divinité n’est autre qu’une simple statuette dépourvue de quelque sainteté que ce soit, tant que n’ont pas été accomplis certains rituels et mantras appropriés…