Il fallait oser commencer un roman pour enfants par «Aujourd’hui, ma tante est morte.» Et il fallait réussir, la (grande-)tante étant vraiment morte, à faire de cette lecture un moment de plaisir, de sourires, le tout teinté d’une tendresse constante.

Jarvis connaissait peu et n’aimait guère cette tante Aimée, mais il est bien décidé à faire les choses dans les règles de l’art: écrire un faire-part dans le journal local (qu’il édite et dont les principaux abonnés sont ses parents et son chat), mettre un habit de circonstance pour l’enterrement (sa chemise à motif de tête de mort semble parfaite), prononcer quelques mots lors de la cérémonie et prévoir des fleurs et autres végétaux pour l’ensevelissement.

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Il faut bien sûr louer l’humour omniprésent tant dans le texte (délicieux) d’Agnès Mathieu-Daudé que dans les illustrations (savoureuses) de Soledad Bravi. Mais le jeune lecteur d’Adieu, tante Aimée trouvera également dans ces pages beaucoup d’informations sur les us et coutumes qui accompagnent un décès et comprendra aussi qu’une même personne peut avoir plusieurs facettes, qu’une très vieille parente mesquine et acariâtre peut avoir été une jeune rockeuse déjantée – et que les relations familiales sont rarement simples.

Limier de pacotille

Raymond a beau être un cuisinier talentueux, il poursuit un autre rêve: devenir détective. Il estime qu’il a les qualités requises: l’œil vif et le nez creux. La seule chose qui lui manque, au fond, c’est l’occasion de faire ses preuves. Or, justement, voilà qu’il croise une cliente potentielle: quelle panique, Papy (écureuil) a disparu!

Ni une ni deux, Jarvis dresse un portrait-robot (hilarant) du papy et commence son enquête.

L’humour et l’ingéniosité de l’histoire, signée Camilla Pintonato, tiennent en particulier dans l’écart: entre ce que dit le texte et ce que montre l’image; entre ce que comprend le lecteur et ce que constate le Sherlock d’occasion. Car, pour faire bref, tout échappe à ce limier de pacotille qui, même lorsqu’il se retrouve, par le plus grand des hasards, face au disparu, ne réalise pas à qui il a affaire.

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Les illustrations de Raymond La Taupe, détective sont des merveilles de charme et d’invention, dialogues, cartographies et autres trouvailles graphiques se savourent de la première à la dernière page.


Agnès Mathieu-Daudé
Illustration Soledad Bravi
Adieu, tante Aimée
L’Ecole des loisirs/Neuf
Dès 8 ans

Camilla Pintonato
Raymond La Taupe, détective
Seuil jeunesse
Dès 6 ans