Avec ses frontières longtemps fermées, son passé farouche et la sourde violence qui l’habite, l’Albanie est devenue un matériau de rêve pour les auteurs de romans noirs en quête de différence. Encore faut-il savoir éviter l’exotisme et ne pas tomber dans l’artificialité d’une intrigue avant tout nourrie par les guides de voyages et les livres d’histoire. Car l’Albanie est fière. Elle ne se livre pas à n’importe qui et pose évidemment ses conditions à qui veut parler d’elle.

Dans Les Aigles endormis, Danü Danquigny relève avec intelligence et finesse le défi. Son premier roman – il a précédemment écrit des nouvelles – est à la fois prenant et crédible. A la fin du livre, ce quadragénaire né à Montréal, originaire de Rennes et qui vit aujourd’hui à Paris, remercie donc à raison ceux qui lui ont ouvert les portes du Pays des Aigles. Précisons qu’il a lui-même étudié le droit, obtenu un DESS en psycho-criminologie avant de travailler à la police aux frontières et comme détective privé.