Livres

Une vallée de larmes

Après le glamour des grandes voix du monde arabe, Lamia Ziadé raconte le feu et le sang qui meurtrissent le Proche-Orient

En 2015, Lamia Ziadé publiait O Nuit, ô mes yeux, un roman graphique composé comme une ode, ample et généreuse, aux grandes voix du monde arabe, Asmahan, Farid El Atrache, Abdelwahab, Oum Kalthoum, Fairouz et tant d’autres, autant de vies romanesques, de glamour, de passion. Deux ans plus tard, l’auteure franco-libanaise propose Ma très grande mélancolie arabe. Un siècle au Proche-Orient, toujours chez P.O.L. On ne peut s’empêcher de voir ces deux livres comme un diptyque, indissociables l’un de l’autre.

Après le versant lumineux, artistique, après cette immense bande-son qui traverse les années 1950-60-70, toutes ces chansons d’amour connues du Caire à Beyrouth, de Ramallah à Alger, voici la face nord, celle des larmes, du feu et du sang. Celle des guerres, des guérillas, des combats. Dans la tradition des «tombeaux littéraires», Lamia Ziadé rend hommage à celles et ceux, très jeunes bien souvent, qui ont perdu la vie, les armes à la main. Ou sans arme aucune. L’un des mérites du livre, et pas des moindres, est d’offrir un regard «de l’intérieur» sur ces drames.


Lamia Ziadé, «Ma très grande mélancolie arabe. Un siècle au Proche-Orient», POL, 414 p.

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