Le genre du «récit de vie» a ceci de précieux que n’ayant a priori aucune règle à suivre, il peut se permettre de se mouvoir sans contrainte au gré des désirs ou de la fantaisie de ses auteurs. Ses auteurs, oui, dans la mesure où ils sont nécessairement au moins deux: celui qui raconte et celui – ou, en l’occurrence, celle – qui écrit ce qui est raconté. Bien sûr, s’agissant de toute une vie, la dimension chronologique joue son rôle, mais ce qui frappe, en lisant De fils en père, c’est au contraire la ductilité du récit, aux aspects multiples et parfois contradictoires, d’une existence.